Explosion des coûts – Le PQ veut auditer tous les projets informatiques
Face à l’explosion des coûts des projets informatiques en santé, le Parti Québécois (PQ) promet d’auditer tous les projets informatiques en cours du gouvernement provincial.
Lundi, Radio-Canada a dévoilé que le coût prévu du Système d’information des finances et de l’approvisionnement (SIFA) de Santé Québec a explosé. Initialement estimé à 96 M$, le coût serait plutôt dix fois plus élevé: environ un milliard de dollars.
Il n’en fallait pas plus pour que les partis en campagne électorale tirent à feux groupés sur le gouvernement sortant de la Coalition Avenir Québec.
«On a une autre démonstration de l’incompétence de la CAQ [Coalition Avenir Québec] en matière de gestion des fonds publics», a lancé la candidate du Parti Québécois (PQ) dans Groulx, Marie-Claude Sarrazin.
Mme Sarrazin a agi à titre de procureure dans le cadre de la commission Gallant sur le fiasco SAAQclic.
Projets à plus petite échelle
La stratégie péquiste serait d’éviter les projets informatiques «mammouths» afin de prioriser les projets à plus petite échelle. Cette stratégie permettrait de favoriser les entreprises québécoises.
Selon Mme Sarrazin, cette pause dans les grands projets informatiques ne serait pas dans le but de «les abandonner, […] mais parce qu’on ne peut pas continuer sur cette mauvaise lancée».
Cette annonce survient le même jour que la publication d’un article de Radio-Canada révélant que le gouvernement de Christine Fréchette aurait alloué une somme supplémentaire de 900 M$ à la transformation numérique du Système d’information des finances et de l’approvisionnement (SIFA), malgré des mises en garde et un appel internes à ne pas investir davantage dans le projet.
Mme Sarrazin a d’ailleurs rappelé les «gaspillages» de la CAQ sur d’autres projets numériques, notamment les dépassements de coûts de 130 M$ pour le Dossier de santé numérique (DSN) et de 500 M$ pour SAAQclic.
La firme LGS, une filiale de la compagnie américaine IBM, est responsable du contrat pour le projet SIFA. Elle était aussi impliquée dans le dossier de SAAQclic.
«On va ainsi affirmer notre souveraineté numérique», a affirmé Mme Sarrazin.
Milliard dénonce un «nouveau scandale financier»
Les péquistes n’ont pas été les seuls à tisser des liens avec le scandale SAAQclic. Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a dénoncé ce «nouveau scandale financier de la CAQ».
«On fonce dans le mur? Qu’est-ce que la CAQ a décidé? Avançons!», a réagi Milliard en point de presse devant l’hôpital Maisonneuve-Rosemont lundi matin.
Le candidat du PLQ dans Nelligan, Monsef Derraji, s’est aussi insurgé contre le refus de Fréchette d’écouter les avertissements de son propre gouvernement, qui lui aurait recommandé de ne pas donner le feu vert à ce projet. «On ne peut pas avancer avec une gang de pas bons!», a exprimé M. Derraji.
«On pensait qu’ils avaient appris de leur erreur. Non seulement ils n’ont pas appris, mais c’est encore pire ce qu’ils nous proposent aujourd’hui», affirme pour sa part le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime. «Et pire que pire, ils n’ont pas écouté les signaux de leur propre machine.»
M. Duhaime a sauté sur l’occasion pour rappeler les propos de Christine Fréchette en début de campagne électorale. Celle-ci avait accusé le PCQ de vouloir sortir la «tronçonneuse» pour couper dans les dépenses publiques. «Eux, ils font des dépenses aussi loufoques», a souligné M. Duhaime.
La co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a quant à elle qualifié les dépassements de coûts du SIFA d’«ahurissants». «Christine Fréchette devrait être gênée, a lancé Mme Ghazal en point de presse lundi avant-midi, parce que c’est sa responsabilité.»
Pour sa part, Christine Fréchette n’a pas fait de sortie publique lundi. Elle a pris une pause dans le calendrier électoral pour se préparer pour les débats télévisés de mardi (TVA) et mercredi (Noovo).