Le virage vert d’Ellen Page
Le temps que la comédienne Ellen Page a passé avec des «gratuivoristes» l’a aidée à se préparer à son rôle d’anarchiste et d’activiste écologiste dans le film The East.
À 20 ans, Ellen Page est devenue célèbre en jouant Juno dans le film du même nom. Ce rôle lui aura valu une nomination pour un Oscar et des participations dans les films Whip It et Inception, non sans avoir tout d’abord fait une petite pause. «J’ai étudié la permaculture et le design et développement de villages écologiques dans un endroit nommé Lost Valley en Oregon, raconte-t-elle. Les gens qui s’y trouvaient partageaient la même philosophie : le gratuivorisme [freeganism, en anglais].»
Le gratuivorisme, qui consiste à récupérer de la nourriture jetée, n’est qu’une des nombreuses choses qui ont fasciné Page durant son séjour d’un mois à l’établissement. L’expérience lui a appris à vivre plus simplement et à bien réfléchir à sa relation avec la planète. Son séjour lui a aussi permis de se préparer au «thriller écologique» The East, écrit et réalisé par Zal Batmanglij, dans lequel elle joue aux côtés d’Alexander Skarsgård et de la coscénariste du film, Brit Marling. «En plus d’être une œuvre incroyablement bien écrite, ce film était plein d’idées qui me stimulaient et auxquelles je réfléchissais», dit l’actrice.
Dans le film, Ellen Page joue Izzy, membre d’un groupe secret d’écoterroristes appelé The East, qui évoque une version plus radicale du groupe existant Anonymous et qui vit selon un code écolo-anarchiste. Si le temps que Page a passé en Oregon n’impliquait pas de cibler des dirigeants corporatifs pour leur faire payer leurs crimes contre la planète, l’expérience aura tout de même fourni une solide base à son personnage.
«Nous avons pu parler de l’expérience que j’avais vécue et faire des liens avec ce que ça fait à une personne d’être élevée dans ce paradigme imposé par le système existant, lance-t-elle. Et après, tu vis quelque chose qui change complètement ta façon de penser. C’est assez flippant. Quand tu reviens dans la société, tu vois les choses différemment.»
C’est une manière de vivre à laquelle elle pense d’ailleurs quotidiennement. «Chaque matin, quand je me réveille et que j’ouvre les yeux, je suis en train sans le vouloir d’oppresser plein de gens et la nature, juste pour vivre dans le genre d’environnement privilégié qui est le mien – qui est celui de tout le monde dans cette partie de la planète. Malheureusement, tous ne s’en rendent pas compte… C’est difficile à faire, explique-t-elle. Je crois que c’est une chose avec laquelle beaucoup de gens doivent composer actuellement, et c’est dur de savoir si se sauver dans les bois et devenir gratuivoriste est la meilleure chose à faire. Devrions-nous plutôt rester dans l’infrastructure dont on a hérité et faire de notre mieux pour créer un changement positif? Je ne connais pas forcément la réponse. Peut-être suis-je une sale égoïste, après tout!»
The East
En salle dès le 14 juin
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=gHpT9B7e7-Q&w=640&h=360]