L'effondrement du tunnel Viger ne pouvait être prédit
Le ministère des Transports du Québec (MTQ) s’est défendu mardi d’avoir fermé les yeux sur un rapport publié en 2008 qui concluait que «l’état général du tunnel Viger était critique quant à l’aspect sécurité des usagers.» Selon le ministre Sam Hamad, la structure du tunnel n’est pas en cause dans l’effondrement d’une poutre de béton de 25 tonnes, survenu dimanche matin.
Le ministre des Transports s’est rendu sur le site de l’effondrement mardi après-midi. Il a affirmé, lors d’un point de presse houleux, qu’un lien pouvait sans doute être établi entre l’effondrement et les travaux qui avaient lieu à cet endroit. «La poutre architecturale n’est pas reliée à l’infrastructure et est tombée exactement à l’endroit où des travaux sont réalisés, a déclaré Sam Hamad. Nous investissons l’argent du public pour avoir de hauts standards de qualité. Si des erreurs ont été commises, il y aura des conséquences.»
Le ministre n’a pas exclu l’idée de poursuivre les responsables de la catastrophe. Le rapport de 64 pages réalisé par la firme SNC-Lavalin en mai 2008 notait que «l’état actuel des paralumes en béton est douteux, et nous recommandons, à très court terme, un relevé des dommages ainsi qu’une analyse structurale pour l’ensemble de ces éléments.»
Le MTQ a tenu à remettre le ton alarmiste du document en perspective mardi. «Le rapport utilise des termes consacrés chez les inspecteurs en structure, a assuré la sous-ministre adjointe à la Direction générale des infrastructures du MTQ, Anne-Marie Leclerc. Quand nous recevons un rapport comme celui-là, ça nous permet de planifier l’ensemble des opérations.»
La sous-ministre adjointe du MTQ a soutenu que le rapport de SNC-Lavalin ne prédisait pas l’effondrement qui s’est produit dimanche matin. «L’événement de dimanche est survenu dans une zone de chantier, il ne s’agit pas d’un événement qui est arrivé à un ouvrage en service sans que personne n’y touche», a rappelé Anne-Marie Leclerc.
Le maire veut plus d’argent
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a appelé les gouvernements provincial et fédéral à prendre des «décisions courageuses» et à imposer une nouvelle taxe d’accise sur l’essence et des péages provinciaux. «Il faut de l’argent additionnel, a-t-il soutenu. Nous ne pourrons pas investir autant qu’il le faut dans les infrastructures avec nos ressources financières actuelles.»
M. Tremblay a rappelé que le déficit d’investissement dans les infrastructures canadiennes atteignait 121 G$ par an. Il a par ailleurs demandé au ministère des Transports du Québec de rendre publiques toutes les études concernant les infrastructures de la région métropolitaine. Le ministre des Transports, Sam Hamad, a affirmé hier que ces études seraient rendues publiques «au cas par cas», au terme de la crise qui touche le tunnel Viger.