Une lutte contre le profilage racial aux nobles intentions
Réunis en conférence mardi, le Maire Gérald Tremblay et le directeur du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, ont annoncé leur plan de lutte contre le profilage racial.
Ce plan fait suite aux recommandations formulées par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) en mai. Une des mesures principales de la Ville est la future création d’un «comité d’intégration des mesures en matière de profilage» qui assurera un suivi.
Ce même comité devra proposer des mécanismes de reddition de compte. Un état des lieux se fera publiquement, une fois par année. Cependant, comme le souligne la CDPDJ, reste à voir dans quelle mesure il y aura une collecte des données, afin de quantifier les résultats. En mai, le SPVM s’opposait à la publication des statistiques sur l’origine ethnique des personnes interpellées.
«Ils ont écarté la collecte de données et c’est important pour mesurer l’ampleur du problème et les améliorations, indique Gaétan Cousineau, président du CDPDJ. Si ce n’est pas fait comment allons-nous faire la reddition de compte?», s’interroge-t-il.
La Ville a également renégocié un partenariat avec le gouvernement du Québec qui investira 28,5 M$ en trois ans pour la lutte à la pauvreté et l’exclusion sociale.
Quant au SPVM, il mettra en place un comité d’analyse du traitement des plaintes en collaboration avec la CDPDJ. M. Parent a aussi affirmé qu’il y aurait des conséquences pour ceux qui pratiquent profilage racial et social, peu importe le niveau hiérarchique. Quant à savoir seront ses sanctions, M. Parent a répondu que tout dépendra de la faute. À cela s’ajoutent des formations de sensibilisation pour les policiers.
En ce qui concerne la STM, Michel Labrecque, président du conseil d’administration, a affirmé que la Société de transport poursuit la lutte au profilage avec un code d’éthique amélioré et des formations continues. Elle continuera à augmenter le nombre de personnes issues d’une minorité visible ou ethnique (ce qui est déjà le cas de près de 20 % des employés delà STM).
De façon générale, M Cousineau de CDPDJ est satisfait de la mise sur pied d’un tel plan. « On va donner la chance aux coureurs pour voir comment les choses vont changer les façons de faire», indique M. Cousineau qui poursuit que la CDPDJ doit encore rencontrer le maire la semaine prochaine afin de discuter en détail du contenu du plan.
«Le SPVM a accepté notre définition du profilage raciale, c’est bienvenu, car la définition de la police laissait trop d’ouverture au profilage, ajoute M. Cousineau. La nôtre est très claire sur le fait qu’une personne en autorité ne peut traiter une personne fonction de la couleur de sa peau».
Maintenant que tous s’entendent sur la définition, reste à voir comment cela se traduira sur le terrain.
Discussions avec Québec
Les recommandations du CDPDJ concernaient également le gouvernement du Québec. La CDPDJ est en discussions avec ce dernier depuis septembre 2010. Leur dernière rencontre remonte à la semaine dernière. «Ça se passe très bien, indique M. Cousineau, président de la CDPDJ. On espère des actions d’ici mai et on est dans la bonne direction.»