Pharmacies: 36 % des produits naturels recalés par Santé Canada
Depuis 2004, Santé Canada a reçu 45 596 demandes de licences de mise en marché pour des produits naturels. Elle en a refusé 36 %. Même si l’organisme tente de faire le ménage parmi les produits amaigrissants, les vitamines et les produits naturels, une bonne partie des produits qui trônent sur les tablettes n’ont pas reçu d’approbation. Ou du moins, pas encore.
C’est ce qu’on constate en parcourant les rayons d’une pharmacie du Plateau-Mont-Royal avec Émilie Dansereau- Trahan, coordonnatrice de l’Association pour la santé publique du Québec. À peine 10 % des produits amincissants sont homologués par Santé Canada.
Efficacité mise en doute
«Si ça dépendait de nous, on les retirerait tous des tablettes», déclare la jeune femme. En consultant la composition des produits tels que Metaslim ou PG-X Daily, on remarque généralement la présence de thé vert (caféine), dont l’effet diurétique vous fait aller aux toilettes régulièrement, ou de glucomananne, un produit qui gonfle dans l’estomac et coupe la faim. Mais est-ce réellement efficace pour perdre du poids à long terme?
Depuis 2004, Santé Canada évalue les ingrédients et délivre les approbations de mise en marché des produits naturels. Si un produit ne comporte pas de numéro de produit naturel (NPN ou DIN), c’est qu’il n’a pas été approuvé.
Nettoyage sur les tablettes
En janvier, l’Ordre des pharmaciens du Québec a indiqué qu’il encourageait ses membres à retirer les produits qui n’avaient pas ce sceau des tablettes, au grand dam des naturopathes. Ces derniers ont rétorqué que cela allait pénaliser les produits qui ont obtenu le NPN, mais qui ont un an pour l’apposer sur le paquet, ou ceux qui sont en cours d’homologation.
En effet Santé Canada a pris du retard dans le processus de délivrance des NPN. Plus de 10 300 demandes de licence sont encore en traitement sur les 45 600 reçues depuis 2004. L’organisme prévoit combler son retard d’ici le 31 mars 2010.
De la parole aux actes
Les pharmaciens vont-ils rapidement retirer les produits des tablettes? «Ce n’est pas facile de faire le tri, explique Manon Lambert, directrice générale de l’Ordre des pharmaciens du Québec qui explique que le travail d’analyse prend du temps. Si un produit n’a pas de NPN, on n’est pas capables, par exemple, de savoir s’il a été refusé ou s’il est en cours d’évaluation.»
De son côté, Émilie Dansereau-Trahan, de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), s’interroge : «L’été dernier, Santé Canada conseillait de retirer l’Hydroxycut. J’ai alerté ma pharmacienne, qui n’était pas au courant. Elle a ensuite mis plus d’une semaine pour le retirer des tablettes.»