Des produits dangereux transigent sur la voie ferrée qui passe pratiquement dans la cour des résidents de Rivière-des-Prairies
« Depuis l’accident de Lac-Mégantic, je suis inquiet que la même chose arrive ici, surtout pour mes trois enfants », affirme Antonio Marques qui habite sur la rue Ernest Ouimet dans le quartier au sud de Maurice-Duplessis et à l’est d’Armand-Bombardier. Environ 200 mètres seulement séparent sa maison de la voie ferrée où, selon une source à Suncor, circulent jusqu’à 30 000 barils du même produit qui avait explosé l’été dernier, le pétrole de schiste. D’autres produits encore plus explosifs, comme du propane, se retrouvent aussi dans les wagons qui passent par la gare et le trafic ferroviaire a augmenté au cours des dernières années.
Peu de danger
Malgré tout, les représentants du Canadien National (CN) se veulent rassurants. Un drame comme celui de Lac-Mégantic a peu de chance de se produire à cet endroit.
« Il y a de la surveillance 24 heures sur 24 à la gare de triage et la vitesse est très minime », explique Louis-Antoine Paquin. Le porte-parole du CN évoque aussi l’absence de dénivellation du terrain, contrairement à la pente abrupte qui mène au centre-ville de Lac-Mégantic.
Autre différence avec la tragédie de l’été dernier, Suncor n’utilise pas les wagons DOT-111 qui étaient en cause lors du drame.
D’ailleurs, l’accident avait servi de sirène d’alarme pour plusieurs élus qui se sont alors intéressés de très près aux voies ferrées qui sillonnent leur arrondissement.
« J’ai tout de suite contacté le CN pour savoir si un accident semblable pouvait se produire ici, affirme la mairesse de l’arrondissement Chantal Rouleau. Je les ai sentis ouverts à discuter. Je suis consciente que chacun a ses limites, mais je crois que nous arriverons à quelque chose de bien. J’ai confiance, mais il faut demeurer prudent. »
La mairesse s’est engagée à tenir une séance d’information pour les citoyens avant septembre prochain.
Pas rassurés
Les résidents de la rue qui longe la gare de triage ne partagent pas tous la confiance de leur mairesse. Plusieurs déplorent le manque d’information sur les risques auxquels ils sont exposés. Certains suggèrent que des sirènes de confinement soient installées le long du chemin de fer comme c’est le cas dans les usines de produits dangereux.
« J’aimerais savoir ce qu’on peut faire en cas d’accident et si c’est vraiment dangereux », explique M. Marques.
Malgré l’inquiétude grandissante, les transporteurs ferroviaires se gardent toujours de rendre publique la liste des produits qu’ils transportent.
« Le CN nous a expliqué que s’il rendait publics les produits et les quantités qui passent sur les voies ferrées, cela ne ferait qu’inquiéter la population », explique Anie Samson, responsable de la sécurité publique au Comité exécutif de la Ville de Montréal. Le CN remet toutefois cette liste au Service de sécurité incendie de Montréal.