Élections en Alberta: le dernier droit entamé
EDMONTON – La première ministre de l’Alberta, Alison Redford, a entamé samedi matin le dernier droit de sa campagne et rejeté les pronostics voulant que sa province soit sur le point de subir une division nord-sud au terme des élections provinciales de lundi.
«Nos candidats à Calgary sont très optimistes. Je crois que nous allons voir une bonne représentation des progressistes-conservateurs à travers la province», a-t-elle prédit.
Mme Redford et sa rivale du parti Wildrose, Danielle Smith, ont fait des escales de dernière minute et organisé des cocktails de bienvenue dans les villes d’Edmonton et de Calgary samedi afin de consolider le soutien dont elles bénéficient et de courtiser les indécis.
Le fort appui dont jouit le parti Wildrose dans le sud de l’Alberta et à Calgary a alimenté les prévisions voulant que le parti de Mme Smith domine dans le sud de la province, et que le nord et la ville d’Edmonton demeurent dans le giron du PPC.
Ce qui semble certain, pour l’instant, c’est le fait que les électeurs seront très nombreux à se rendre aux urnes.
On pouvait voir de longues files lors du vote par anticipation samedi, et il est attendu que la province dépassera largement le taux de participation de 41 pour cent de la campagne électorale de 2008, l’un des plus bas jamais enregistrés.
Samedi matin, Mme Redford a organisé une rencontre dans un centre des congrès du nord d’Edmonton. Les candidats locaux étaient appelés sur scène à la manière des joueurs de football avant un match de la Coupe Grey, acclamés par des centaines de partisans brandissant des pancartes.
Il s’agissait du début énergique des derniers moments d’une campagne brutale, marquée d’insultes et de salissage, mais qui pourrait aussi voir le parti Wildrose mettre fin à une dynastie conservatrice de plus de 40 ans.
La première ministre sortante a terminé sa journée à Calgary en déclarant qu’elle croyait que le vent avait tourné dans la campagne.
«Je suis très excitée à propos de ce que nous entendons lorsque nous faisons du porte-à-porte. Je suis très enthousiasmée par la réponse que nous obtenons de la part des Albertains», a dit Mme Redford.
La campagne longue d’un mois a débuté sur une montée en popularité du parti Wildrose et un PPC dans les câbles. Les électeurs étaient en colère à la suite de révélations récentes au sujet d’un comité composé principalement de membres du gouvernement, dont les membres étaient payés 1000 $ par mois alors que ce comité ne s’était pas réuni depuis des années.
Alors que la course entamait sa dernière semaine, cependant, les conservateurs ont repris du poil de la bête et le parti Wildrose s’est retrouvé sur la défensive.
Mme Smith a été clouée au pilori par des détracteurs pour avoir refusé de laisser tomber deux candidats qui ont émis des remarques désobligeantes envers les minorités visibles.
La lutte endiablée entre les deux parties de tête dans les intentions de vote a mené à des spéculations sur la possibilité de l’élection d’un gouvernement minoritaire, et que certains partisans des libéraux ou du Nouveau Parti démocratique puissent voter en faveur des progressistes-conservateurs pour éviter que le parti Wildrose ne l’emporte.
Mme Redford n’a pas personnellement demandé un vote stratégique, mais a laissé entendre qu’elle pouvait travailler avec les néo-démocrates et les libéraux à la législature.
Le chef libéral Raj Sherman et son homologue néo-démocrate Brian Mason ont toutefois déclaré qu’un vote stratégique n’était pas un vote du tout.