Jasmin Roy rencontre les élèves de Notre-Dame-des-Victoires

Depuis qu’il a dévoilé publiquement avoir été victime d’intimidation à l’adolescence, Jasmin Roy s’implique de plusieurs façons pour faire cesser ce cercle de violence. Dernièrement, il était de passage à l’école Notre-Dame-des-Victoires pour offrir une conférence aux élèves de cinquième et sixième année.

Dès son arrivée, les jeunes lui jettent un regard interrogateur. Ils ont entendu parler vaguement du sujet, et parfois très souvent, mais cela ne les empêche pas d’être très attentifs.

Le style du conférencier y est sûrement pour quelque chose. Dès le départ, il les invite à participer. Rien de mieux pour ces élèves que de pouvoir s’exprimer en levée de rideau.

Si certains n’hésitent pas à prendre la parole, d’autres demeurent plus discrets, mais concentrés. Le sujet semble grandement interpeller les jeunes.

Par moment, on pourrait entendre une mouche voler. Surtout quand M. Roy traite de la partie qui touche à son histoire personnelle. Dire que les jeunes sont attentifs est un euphémisme. Ils boivent littéralement ses paroles.

M. Roy n’a pas la langue de bois. Il aborde ses thématiques les unes après les autres avec des exemples concrets et des mots simples que son auditoire comprend et utilise quotidiennement. Quand des yeux s’écarquillent, il s’assure que les jeunes ont compris en répétant ou reprenant différemment le sujet.

Le message qu’il véhicule n’en est pas un alarmiste, mais plutôt réaliste. Selon lui, ce n’est pas en se mettant la tête dans le sable que les choses vont changer. Il le mentionne régulièrement dans ses interventions en mettant l’accent sur le fait qu’il faut dénoncer, en parler, agir et demander du soutien si on veut que la situation s’améliore.

Les problématiques vécues sont un peu différentes que l’on soit dans une école primaire, secondaire, que les intimidateurs, les victimes soient des filles ou des garçons, convient M. Roy. Mais il y a un point commun, il ne faut pas se croiser les bras ou prendre ça à la légère. Les gens doivent intervenir, ajoute-t-il.

L’appel lancé par le conférencier semble avoir été bien entendu. Lorsqu’il demande aux jeunes ce qu’ils ont retenu, les réponses fusent rapidement de toutes parts.

« Il faut dénoncer et en parler, répète une participante. Avec les trucs, conseils et témoignages que nous avons entendus, nous savons maintenant le mal que peut faire l’intimidation. »

Projet Artifice

Au terme de la discussion le conférencier, mais aussi l’organisatrice de l’événement, Guylaine qui enseigne les arts plastiques et l’art dramatique, peuvent dire mission accomplie.

« Depuis le début de l’année scolaire, nous faisons plusieurs projets avec comme toile de fond l’intimidation. Les élèves du premier cycle ont assisté à une pièce de théâtre sur le sujet, les élèves ont conçu des affiches stylisées pour dénoncer l’intimidation, ils ont fait un petit film traitant d’intimidation et ils préparent une pièce de théâtre qu’ils joueront en juin devant leurs pairs et parents. C’est ce que nous avons appelé le projet Artifice », indique l’enseignante.

Cette dernière est convaincue que c’est en développant l’esprit critique des élèves, sous toutes ses formes, que les choses progresseront.

« Je sentais qu’il y avait un besoin de mettre des mots sur cette réalité, de tout simplement rassurer nos élèves. Nous ne pouvons jamais affirmer avec certitude que nos jeunes ne vivent pas de l’intimidation. C’est pourquoi le projet Artifice a été mis sur pied. »

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.