Le projet de valorisation des matières organiques projeté dans l'Est
La séance d’information de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) qui s’est déroulée à l’église Saint-Octave, le 7 novembre dernier, a permis de mettre en lumière plusieurs aspects du projet qui vise à implanter un centre de traitement des matières organiques (CTMO) à Montréal-Est.
Rappelons que le projet, chapeauté par le conseil d’agglomération de Montréal, prévoit la construction de quatre CTMO répartis sur le territoire de l’île, dont un a Montréal-Est. Le projet de l’Est comprendra un CTMO par biométhanisation de 60 000 tonnes de déchets par années et un centre-pilote de prétraitement des ordures ménagères de 25 000 tonnes par année.
Biométhanisation
En réalité, le CTMO par biométhanisation accueillera 60 000 tonnes de résidus alimentaires (RA) et 19 550 tonnes de résidus verts (RV) par année. Il permettra de produire 4 000 000 m3 de biométhane et 18 000 tonnes de digestat (précompost). Le biogaz produit pourra être épuré et injecté dans le réseau de Gaz Métropolitain, selon le représentant de la Ville de Montréal, Roger Lachance. Le digestat sera transporté vers le centre de compostage du complexe environnemental Saint-Michel, dans le secteur Nord. Les RV, pour leur part, seront réacheminés à l’extérieur de l’île.
« On prévoit, et le Plan directeur le mentionnait, qu’il va y avoir un peu plus que 50 000 tonnes de RV qui vont être compostées à l’extérieur de l’île. La raison est bien simple. Ces matières sont produites sur une courte période de temps, quelques semaines, à l’automne ou au printemps, ce n’est pas économiquement intéressant d’avoir des surcapacités de production ou de compostage de résidus verts sur l’île, ça prend beaucoup d’espace », a précisé M. Lachance.
Centre-pilote de prétraitement des ordures ménagères
Le centre-pilote de prétraitement des ordures ménagères permettra, entre autres, d’évaluer le potentiel de valorisation des matières recyclables, des matières organiques et des matières combustibles. Ce centre accueillera les ordures ménagères, soit les sacs de poubelles traditionnels, l’objectif étant de réduire davantage les quantités de déchets destinés à l’enfouissement.
« En plus de la collecte de la récupération et celle des ordures ménagères, nous allons implanter des collectes spécifiques de résidus alimentaires et de résidus verts, mais ce qui va rester dans le sac vert, nous voulons faire des recherches et trouver des solutions pour valoriser davantage ces matières. C’est un centre-pilote, donc de recherche. Nous voulons explorer d’autres alternatives pour les matières restantes dans la collecte des ordures ménagères », a expliqué M. Lachance.
Valorisation des déchets
En mars 2011, la nouvelle Politique québécoise de gestion des matières résiduelles et le premier plan d’action quinquennal qui l’accompagne étaient adoptés. L’un des principes est le respect des 3RV-E : réduction à la source, réemploi, recyclage, valorisation et élimination.
Parmi les objectifs, on compte le bannissement de l’enfouissement des matières organiques d’ici 2020 et 60 % de ceux-ci devront être valorisés d’ici 2015. « À l’heure actuelle, seulement 6 % des matières organiques sont valorisés dans le secteur Est », a avoué M. Lachance. En 2010, un Montréalais produisait, en moyenne, 533 kg de matière résiduelle dont environ 60 % étaient enfouies. Selon M. Lachance, la moitié des matières enfouies sont de matières organiques.
« Un des grands problèmes de la métropole, à cause de la densité urbaine, ce sont les ordures ménagères. Et une des solutions passe par notre capacité de donner une deuxième et même une troisième vie à nos restes de table », a évoqué le vice-président du comité exécutif et responsable du développement durable, de l’environnement et des parcs, Alan De Sousa.
Réduire les transports
En termes de distance et de transport, les 612 000 tonnes d’ordures ménagères montréalaises parcourent un total de 2 000 000 de km par année. Pour l’Est, ce qui représente 37 % du volume généré par l’agglomération, soit 225 000 tonnes par année, est transbordé au site EBI de Montréal-Est et réacheminé vers un site d’enfouissement à Saint-Thomas-de-Joliette.
« Le projet va mener à la réduction de plus de 200 000 tonnes d’ordures ménagères destinées à l’enfouissement. On parle d’une réduction de plus de 700 000 km des
distances parcourues, donc, une réduction du tiers et une réduction de 21 000 tonnes des gaz à effet de serre », a soutenu M. Lachance.