Situation financière : soupir de soulagement à la Maison du Partage d’Youville
En novembre dernier, la Maison du Partage d’Youville, confrontée à une situation financière précaire, lançait un cri d’alarme. La communauté a répondu à l’appel. De nouveaux dons permettront à l’organisme de joindre les deux bouts d’ici la fin de l’année.
«Financièrement, on va arriver à boucler l’année», a commenté avec satisfaction la directrice générale par intérim, Ann-Edith Daoust.
La Maison du Partage d’Youville, dont les sources de financement sont publiques et privées, offre des services de dépannage ainsi que des activités socio-éducatives aux personnes seules et aux familles démunies de Pointe-Saint-Charles, Saint-Henri et Petite-Bourgogne. En 2010-2011, l’organisme est venu en aide à 1300 ménages. Il dispose d’un budget annuel de fonctionnement d’environ 290 000$.
Suite à l’appel lancé, il a pu récolter près de 70 000$ et attend environ 20 000 $ supplémentaires d’ici la fin mars 2012. Le plan de financement élaboré par l’équipe a su rallier plusieurs nouveaux donateurs dont les entreprises Carpet Art déco, Prével, Habitations St-Luc et la Fondation Joseph Nezri. L’organisme a également reçu un montant ponctuel de 15 000$ de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, note Mme Daoust.
Malgré la situation difficile, il n’y a pas eu de mises à pied, précise-t-elle. On a plutôt opté pour une réduction du nombre d’heures des salariés.
Recentrer sa mission
Pour réduire ses dépenses, l’organisme a décidé de recentrer ses activités.
Ainsi, on n’offre plus de service de dépannage en ce qui concerne les meubles, et la plage horaire du comptoir vestimentaire est réduite. Alors qu’il était ouvert de 9h à 15h du mardi au vendredi, le comptoir est désormais accessible entre 13h et 15h les mercredis et vendredis, soit durant les périodes de distributions alimentaires.
Depuis le 26 janvier, on ne fait donc plus de collecte de meubles, de vêtements ou autres articles pour la maison.
Ne plus effectuer de collecte de meubles dans les quartiers montréalais devrait «permettre de réaliser des économies d’environ 15 000$ par année», estime Mme Daoust, expliquant que d’autres organismes dans le Sud-Ouest sont en mesure de combler ces besoins. «Nous allons référer les ménages», dit-elle.
«Nous notons une surcharge de travail pour les employées, un manque d’espace d’entreposage et des limites budgétaires qui nous poussent à ne plus faire de cueillette de vêtements et de meubles chez les particuliers et les entreprises, souligne la présidente du conseil d’administration, Michelle Bourget. Nous souhaitons mieux développer le volet aide alimentaire où les besoins sont plus criants.» Elle rappelle d’ailleurs que l’aide alimentaire demeure l’activité principale de l’organisme depuis 27 ans.
L’organisme souhaite concentrer ses efforts sur les activités de dépannage alimentaire, le magasin de Marguerite, qui vend des aliments à petit prix, et les activités socioéducatives visant une réinsertion sociale ou professionnelle des usagers. «On aimerait les développer encore plus», insiste Ann-Edith Daoust, mentionnant que la culture d’un jardin collectif, les soupers communautaires et les cours de cuisine pour hommes seuls sont déjà au nombre des activités socio-éducatives en lien avec l’alimentation.
D’ici la fin de l’année financière, l’organisme compte s’investir dans la préparation de sa prochaine campagne de financement et de son plan d’action 2012-2013, qui sera présenté en juin lors de l’assemblée générale annuelle. À la Maison du Partage d’Youville, on est bien décidé à ne plus se retrouver en situation de crise. «On ne veut plus être dans l’urgence», lance Mme Daoust.