Rouleau déçue de la commission
« En fait, il manque des choses essentielles comme l’obligation de contraindre les gens à y participer, ce que la juge devrait avoir, dit-elle d’emblée. Ça vient tuer la commission d’enquête de ne pas le faire et de ne pas prévoir un mécanisme d’immunité pour ceux qui vont participer à la commission. »
Elle croit que les vrais coupables n’iront jamais se compromettre devant la juge France Charbonneau. En effet, le premier ministre Jean Charest n’accordera aucune immunité aux témoins, ce qui fait en sorte que la juge ne peut contraindre quiconque à témoigner.
« Les gens qui sont responsables vont rester dans leur salon à regarder ceux qui vont aller témoigner à la commission et puis à la moindre occasion, les gens qui vont à la commission peuvent recevoir une mise en demeure, dénonce-t-elle.
« Ce qui était désiré, ce qui était nécessaire, c’était une commission d’enquête publique avec des dents et de convoquer des personnes qui sont susceptibles d’apporter des réponses sur ce qui se passe actuellement dans le système. Le premier ministre lui-même a dit, hier [19 octobre], dans sa conférence de presse qu’il y a un problème. Il y a un problème, car la mafia a infiltré notre système d’appel d’offres. »
Elle croit à ce titre que la Commission Gomery a fait un bien meilleur travail en permettant d’inculper certains des acteurs du système de commandites.
Elle pense aussi que tous les maires devraient aller témoigner sur ce qu’ils dénoncent. « Mais est-ce que tous vont vouloir y aller?, se demande-t-elle. Déjà il y en a qui ont dit non. Le maire Gérald Tremblay, le maire de Laval. […] Ça dénote le peu de sérieux de la commission. »
S’agissait-il d’acheter la paix? « Ça n’achète pas la paix. Il n’a pas saisi vraiment la demande. Il a plus provoqué peut-être. »
Mme Rouleau dit qu’elle va continuer à se battre contre la corruption, commission d’enquête ou pas. « Je vais continuer à le dénoncer ce système-là, on ne se croisera pas les bras. Qu’est-ce que ça va donner d’y aller? Je ne le sais pas encore. Si je suis invité à y aller, si la juge me demande d’y aller, oui, je vais y aller. »
Questionnée à savoir si le premier ministre l’avait appelé après sa sortie publique contre le système d’octroi des contrats publics à Radio-Canada le 29 septembre, Mme Rouleau est restée stoïque. « Ce que Jean Charest a fait c’est annoncer une supposée enquête publique, alors je considère que c’est une réponse, mais ce n’est pas qu’à moi qu’il répondait. »
Vision Montréal remet une contribution à Arcuri
Vision Montréal, le parti de la mairesse Rouleau, a retourné une contribution de 1000 dollars de Domenico Arcuri, de Construction Mirabeau. Dans un reportage de Radio-Canada diffusé le 29 septembre, il était indiqué que M. Arcuri avait obtenu plusieurs contrats avec l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles.
« On a fait différentes vérifications et on s’est rendu compte de ça, affirme Marc-Antoine Pouliot, porte-parole de Mme Rouleau. Et dès lors la décision a été prise de retourner le montant pour s’assurer que les exigences des citoyens en matière d’éthique soient respectées. »
M. Pouliot précise que les dons sont toujours effectués au parti, et non à ses membres. Qui plus est, Mme Rouleau n’était pas encore en poste lorsque le don a été effectué, au début de 2010.
« Elle ne le savait pas du tout avant il y a quelques semaines, même quelques jours », signale M. Pouliot.
M. Arcuri n’aurait émis aucun commentaire à Vision Montréal après que cette décision a été prise.