Dans le rouge, noir sur blanc

C’est maintenant noir sur blanc : la Caisse est dans le rouge. Tous les chiffres qui ont été communiqués dans différents formats pour apaiser la crise sont maintenant dans la publication officielle du rapport de la Caisse de dépôt et placement. En déposant son rapport annuel à l’Assemblée nationale, le gouvernement Charest confirme la débâcle du bas de laine des Québécois. Avant de partir, Monique Jérôme-Forget avait pourtant dit que l’effet serait minime pour les déposants…

Après des pertes de 40 G$, dont une part est due aux investissements catastrophiques dans les papiers commerciaux, la Caisse doit maintenant apprendre de ses erreurs. Le gouvernement libéral doit aussi faire sa part et nous dire en quoi ces résultats désastreux affecteront le budget de l’État.

Cette fois, ce n’est pas seulement Mario Dumont qui le dit, c’est l’Institut CD Howe. Avec cette perte, le Régime des rentes du Québec risque de frapper le fond 12 ans avant la date prévue. En clair, 12 années de prestations qui devaient être versées aux Québécois sont parties en fumée. Il y a fort à parier que, bientôt, le gouvernement annoncera qu’il n’a pas le choix d’augmenter les cotisations. Certaines estimations vont jusqu’à un point de pourcentage (soit de 9,9 % à 11,1 %), et ce, dès 2010.

Les conséquences de cette débâcle sur les finances publiques ne s’arrêtent pas là. Le Fonds d’amortissement des régimes de retraite (FAAR) risque aussi de coûter cher. Déjà, le dernier budget de Mme Jérôme-Forget prévoyait 285 M$ pour le renflouer. Selon des projections, ce montant devrait augmenter à près de 1 G$ dans le budget 2011-2012. Consacrer une telle somme à du rattrapage ampute d’autant la marge de manouvre de l’État dans sa capacité de soutenir et d’améliorer les services publics.

Les dirigeants de la Caisse ont-ils été trop gourmands? Quoi qu’il en soit, le premier ministre Charest aurait dû faire preuve de prévoyance avec l’avoir des Québécois. Pour reprendre une expression qu’il affectionne : Ce n’est pas de l’argent de Monopoly qui s’est envolé en fumée.

Souhaitons maintenant que la Caisse et le gouvernement apprennent de leurs erreurs. Pour ce faire, il faudra un plan de redressement complet. En attendant, c’est l’ensemble des Québécois qui paieront la facture. Et longtemps.

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