Des lunettes roses cassées
Le budget du Québec est à l’image des budgets des autres nations. Les prévisions sont teintées par les verres de lunettes roses. Les mesures manquent de créativité. Pire encore, le gouvernement semble souffrir d’un vieillissement précoce en oubliant bien des engagements pris lors de la dernière campagne électorale, il y a quelques mois à peine.
Il est vrai que tant les analystes que les gouvernements ont été incapables de prévoir quoi que ce soit. D’ailleurs, personne ne peut prédire quand ou comment se terminera la récession économique actuelle. Il est encore moins évident de savoir qui s’en sortira avec brio. Ceux qui agiront autrement, qui profiteront de la conjoncture pour moderniser les bases de leur économie y parviendront sûrement plus facilement.
Une crise peut être une occasion de se réinventer, de se projeter vers l’avant. Ce budget ne nous le permet pas. Dans les 3,3 milliards de dollars annoncés sur 2 ans, il y a bien quelques mesures intéressantes, mais peu de moyens pour les réaliser. Par ailleurs, il y a un grand manque de créativité, de vision. Il n’y a rien qui nous permette de nous mobiliser et de reprendre confiance en l’avenir.
Il aurait été intéressant de sentir une vision globale de la relance et de la consolidation du marché de l’emploi. La mise en place d’initiatives permettant le maintien de l’emploi grâce à des approches comme le partage du temps de travail aurait été un signal qu’il y a place à l’innovation.
L’ancien gouverneur de la Banque du Canada David Dodge accusait Stephen Harper de faire preuve d’un optimisme irréaliste. Selon lui, l’économie mondiale et celle du Canada prendront davantage de temps à se relever que le prétendent les gouvernements. M. Dodge pourrait faire le même commentaire en analysant le budget du Québec. Des lunettes très roses quant aux prévisions et peu de vision à long terme pour relancer la confiance, voilà en bref ce qui caractérise ce nouveau budget.