La panique de Pierre Gauthier
S’il est une chose que l’on sous-estime de nos jours, c’est bien la valeur d’une bonne crise de panique. Nous n’avons qu’à regarder autour de nous, à part quelques rares exceptions discrètes, l’être huÂmain n’exerce que très rarement son droit à la panique de ces temps-ci. D’un ennui…
Prenez Pauline Marois, la «chef» du PQ, qui est sortie d’un long caucus mercredi soir après avoir affronté plusieurs députés insatisfaits. Qu’a-t-elle déclaré? Qu’elle ne partirait pas, qu’elle resterait, qu’il ne faut pas céder à la panique. Même pas un cri, même pas une larme, même pas du tirage de cheveux. Plate.
Et que dire de Jean Charest et de sa décision de créer une commission d’enquête sur la consÂtruction? Hein? C’est tellement ennuyant de ne pas paniquer de même, on s’ennuie quasiment de Daniel Johnson.
Et la dette européenne? Pourquoi n’y a-t-il aucune guerre civile dans les rues de Paris, ou de Berlin? PourÂquoi personne n’a fait tomber la Tour Eiffel? Ou refait le mur de Berlin? Plate plate plate.
L’ère Pierre Gauthier
Au Québec, on a toujours pu compter sur Canadien quand venait le temps de paniquer. Que ce soit le congédiement de Guy Carbonneau, l’embauche de Réjean Houle, l’échange de Patrick Roy ou la décision d’Alain Vigneault de mettre Craig Darby sur le premier trio à la fin du dernier siècle, Canadien a toujours su tenir le fort au chapitre de la panique.
Mais depuis l’arrivée de Pierre Gauthier, le partisan avait quelques doutes. A-t-il le bouton panique à fleur de peau? Est-il du genre à pas réfléchir avant d’agir?
Six défaites d’affilée plus tard, il congédie Perry Pearn. Vraiment, Pierre? C’est tout ce que t’as trouvé? Perry Pearn? Un gars qu’on savait même pas c’est quoi qu’il faisait de toute façon?
Mais la saison n’est pas terminée et il sera toujours temps d’échanger Carey Price contre les droits sur Alexei Kovalev et un choix de septième ronde. On se croise les doigts, mon Pierre.
Source : La glorieuse histoire des Canadiens, par Léandre Normand et Pierre Bruneau.

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