Soutenez

Les rênes du pouvoir

Bastion des machistes de tout poil, l’Amérique latine ne cesse de surprendre: au sud du Rio Grande, on ne voit pas d’un mauvais Å“il le club des femmes présidentes. Au contraire. En 10 ans, il y a eu 5 presidentas. Laura Chinchilla est la dernière venue. Elle a été élue il y a tout juste un mois au Costa Rica. Au sud du Rio Grande, la féminisation de la vie politique bat son plein.

Certaines sont arrivées au pouvoir en succédant tout simplement à leur époux (Argentine, Panama), d’autres ont été des chefs d’État intérimaires en attendant des élections (Bolivie, Haïti), mais la plupart ont été élues par les urnes, comme la présidente sortante chilienne Michelle Bachelet. Le Brésil pourrait en octobre prochain avoir sa première presidenta.

C’est Isabel Peron qui ouvrit le bal en entrant au Palais présidentiel de l’Argentine en 1974. Dix-sept ans plus tard, le pays du tango mit sur pied une politique de quotas visant à établir une présence féminine d’au moins 30 % dans le paysage politique. Aujourd’hui, 14 des 19 pays latino-américains en ont une.

Une telle politique, un peu comme la «discrimination positive» pour les Afro-Américains, a permis aux femmes d’accéder aux rênes du pouvoir à tous les niveaux. Elles occupent, en moyenne, plus de 25 % des sièges parlementaires, plus qu’au Canada (autour de 20 %) qui compte moins de députées que l’Irak ou l’Afghanistan. Au total, les femmes occupent près du quart des cabinets ministériels en Amérique latine.

Mais les femmes au pouvoir en Amérique latine ne sont pas assez nombreuses pour véritablement modifier la culture de leur société patriarcale. Si la démocratie a progressé ces 30 dernières années, et avec elle le pouvoir politique des femmes, le scénario est tout autre sur le plan socioéconomique. Les différences de revenus entre hommes et femmes sont plus criantes que partout ailleurs dans le monde.

À bien des égards, l’heure des femmes a sonné politiquement en Amérique latine, à l’instar des Afro-Américains aux États-Unis qui, en plus de Barack Obama à la Maison-Blanche, ont 4 gouverneurs, 641 maires et 42 députés noirs à la Chambre des représentants. Mais dans les deux cas, le chemin est encore long et tortueux pour atteindre la parité entre les sexes et les races. Les Latino-Américaines ont toujours au-dessus d’elles cet immense plafond de verre qui les empêche de grimper tous les échelons et d’atteindre les sommets. Sauf, peut-être, en politique.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.