États-Unis: Une réforme bénéfique pour la santé des Américains et leur économie
Au début de l’année, après un an de débats féroces, la réforme du président Barack Obama sur le système de santé était presque morte au feuilleton. De nouveaux compromis ont permis sa résurrection, et la réforme phare du président démocrate a finalement été adoptée tard dimanche, au terme d’un vote serré à la Chambre des représentants. Économiste spécialisé dans le domaine de la santé à la London School of Economics, Zack Cooper dresse un portrait des avantages qu’aura cette réforme pour les Américains.
Pourquoi ce vote revêt-il une si grande importance?
Tous les présidents amé-ricain depuis Theodore Roosevelt ont tenté de mettre sur pied un système national d’assurance maladie. Cette réforme ne se limite pas à ceux qui n’ont pas d’assurance. Elle crée aussi un marché des soins de santé pour les petites compagnies, en leur permettant de payer beaucoup moins pour offrir cette assurance à leurs employés.
Quel impact cette réforme aura-t-elle sur les Américains qui ont déjà une assurance?
Il en va de l’intérêt commun que tous ait une assurance maladie. Lorsque des gens non couverts sont malades et vont à l’hôpital, c’est la société qui paie. En résumé, ceux qui ont une assurance maladie compensent pour ceux qui n’en ont pas. Par ailleurs, la réforme créera des incitatifs pour des soins préventifs, qui, au bout de du compte, permettent à long terme de faire des économies d’argent.
Pourquoi les républicains étaient-ils si opposés au projet?
Ils prétendent qu’une implication du gouvernement dans le système de santé est un cheval de Troie qui mènera à un système de santé administré par le gouvernement, comme c’est le cas dans la plupart des pays européens. Mais l’attitude américaine vis-à-vis du gouvernement est très différente de celle des Européens.
À qui profitera la réforme?
Au peuple américain. En ce moment, les États-Unis dépensent 16 % de leur produit intérieur brut (PIB) pour les soins de santé, ce qui constitue de loin le plus haut pourcentage au sein des pays de l’OCDE. Sans réforme du système de santé, il était prévu que cette proportion double d’ici 2050. Les soins de santé sont un lourd fardeau pour l’économie américaine.