Chasse aux clandestinos en Arizona
La saison de la chasse aux Latinos va bientôt s’ouvrir dans l’État du Grand Canyon. Cet été, n’importe quel agent de police de l’Arizona pourra demander ses papiers à toute personne plutôt basanée se promenant dans la rue. Ce profilage ethnique au pays de toutes les immigrations est appuyé par une forte majorité d’Américains.
Votée en avril, la loi SB1070 autorise tout constable à interroger quiconque est susceptible d’être un immigrant illégal. L’Arizona en compterait près d’un demi-million, en grande majorité hispaniques. Au total, 12 millions de clandestinos vivent aux États-Unis.
Ces dernières semaines, il y a eu des manifestations monstres pour dénoncer cette loi, la plus répressive jamais votée contre les sans-papiers. Des villes telles que San Francisco, San Diego et Los Angeles ont promis de boycotter économiquement l’Arizona, mais près de 60 % des Américains approuvent la législation dans son ensemble. Elle pourrait même être copiée par une dizaine d’États.
Depuis les attentats du 11 septembre, les Américains ont fait l’amalgame entre immigration et sécurité en se posant la question suivante : quels sont les moyens à prendre pour transformer une passoire en forteresse sans trop brimer les libertés individuelles?
Au-delà du débat sur l’immigration, qui pèse lourd sur la scène politique, il y a la révolution démographique. Cette année, pour la première fois, les minorités ethniques feront plus d’enfants que la majorité blanche, qui forme encore les deux tiers de la population. Mais dans une quarantaine d’années, un peu plus de la moitié des Américains seront issus des minorités ethniques.
C’est là un «scénario catastrophe» pour Jackson, dans l’État de New York. Ce bourg «blanc comme neige» de 1 700 âmes vient de voter un décret faisant de l’anglais sa seule langue officielle. En Alabama, un candidat républicain aux législatives de novembre croit pouvoir être élu en promettant des examens du code de la route en anglais seulement. Qu’il s’agisse de l’immigration ou de la langue, les habitants de l’hyperpuissance mondiale ont, plus que jamais, une mentalité d’assiégés.