G8-G20 : la terre en tremble
La terre peut bien trembler jusqu’à Toronto. Elle n’arrête pas de trembler d’ailleurs avec ces bruits de bottes incessants, l’érection de murs et de clôtures de division, les contrôles tatillons à n’en plus finir, la course aux armements – 43 G$ d’équipements sur cinq ans au Canada et augmentation des dépenses militaires de 49 % de 2000 à 2009. Elle tremble à cause de la course au pétrole, du golfe du Mexique aux sables bitumineux canadiens qui défigurent son visage, de la déforestation, de la pollution galopante, de l’incon-science. Sans parler de la biosphère animale et humaine, ces rejetons de la Terre, qui écopent grandement. Si on considère cette dernière comme une mère nourricière, il est bien légitime qu’elle réagisse à des agresseurs.
Qui prend sa défense? Une multitude aux mains nues et au cÅ“ur vaillant, composée de jeunes en grand nombre et d’adultes résistants, regroupés dans des milliers d’organisations (55 000 ONG dans le monde) et qui risquent leur réputation (casier judiciaire) et parfois leur vie pour défendre la planète, la dignité humaine, la justice et la liberté. Ils sont nombreux à dénoncer les mensonges d’organismes comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Organisation mondiale du commerce et l’hypocrisie de rencontres à la G8-G20, qui ne servent qu’à défendre et à affermir les intérêts à court terme d’une minorité sans conscience sociale. Ainsi, le slogan d’Oxfam-Québec, qui y délègue cinq jeunes, est : «Investissez dans l’avenir en tenant vos promesses envers les plus démunis.» On verra amplement à la télé les scènes d’affrontements entre manifestants et casseurs de démocratie. David contre Goliath. Sait-on que les opposants se rassemblent aussi pour proposer des solutions de rechange déjà opérationnelles aux folies des puissants de ce monde? C’est qu’ils sont conscients de l’ampleur des enjeux. Va falloir rendre des comptes à la fin de l’Histoire.
– Gérard Laverdure, Montréal