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Un entretien des terrains de balle qui laisse à désirer, croit Baseball Québec

Photo: Josie Desmarais/Métro

Quelques mois après que la nouvelle administration municipale eut décidé de modifier le programme de réfection des terrains de balle adopté par l’ex-maire Denis Coderre, l’organisme Baseball Québec s’inquiète de l’allure des 160 plateaux de balle actifs de la métropole.

«Il y a assez de terrains pour faire croître le sport, concède le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche, en entrevue avec Métro. Mais est-ce que les terrains qu’on a actuellement nous le permettent? Non.»

Suivant son plan Directeur du sport et du plein air urbains, publié au mois de mars dernier, la Ville a consulté 11 arrondissements dans le but d’évaluer l’état des terrains de la région. Résultats: «des systèmes d’éclairage très vétustes, un entretien déficient, des systèmes de drainage peu fiables et des équipements connexes désuets ou détériorés» sur l’ensemble des terrains de la métropole, tous sports confondus.

M. Lamarche pense que ce sont les losanges de la Ville qui sont le plus lésés. «La moitié des [terrains] n’ont pas de lumières, poursuit-il. La qualité des surfaces de jeu fait que les systèmes de drainage sont désuets. Il y a assez de terrains pour suffire à la demande, mais pas assez qui sont en bon état et qu’on peut utiliser de façon optimale.»

À l’écoute des arrondissements
La responsable des sports et loisirs au comité exécutif de la Ville, Rosannie Filato, tient à rassurer les acteurs du baseball.

«La politique du baseball tient toujours, soutient-elle. On sait qu’il y a beaucoup de désuétude, autant sur le plan des terrains de balle que sur celui de nos autres terrains. Et on sait qu’il y a quand même une certaine demande pour le baseball.»

Elle admet toutefois que l’émergence d’autres sports à Montréal et les revendications des arrondissements influencent les décisions de la Ville. C’est d’ailleurs pour cette raison que le programme de réfection des terrains de balle présenté dans le dernier Programme triennal d’immobilisation (PTI) de l’administration de Denis Coderre (2017-2019) n’a pas été renouvelé pour 2019 et 2020.

Mme Filato note que cet argent a simplement été réinvesti dans le programme des plateaux sportifs extérieurs, faisant passer le budget autorisé de ce programme de 9M$ à 15,5M$.

«Ça donne la liberté aux arrondissements de faire des demandes pour d’autres types de terrain», remarque Mme Filato.

L’opposition officielle à l’hôtel de ville déplore que le programme de réfection ait été modifié. «Avec la coupe de budget, ça va causer un problème, parce que les arrondissements vont peut-être choisir autre chose, s’insurge le responsable des sports à Ensemble Montréal, Dimitrios (Jim) Beis. Et encore, le baseball va tomber [dans l’oubli] et les terrains vont être mal entretenus.» M. Beis estime que la dernière administration a «donné beaucoup d’amour» au baseball. La nouvelle administration «a [depuis] baissé les bras», selon lui.

En chiffres
Le baseball n’est pas le seul sport à subir les contrecoups d’un entretien inégal, selon le Plan directeur du sport et du plein air urbain. Plus de 60% des surfaces des terrains de balle de la ville seraient qualifiées de «bonnes», contre environ 40% pour les terrains de soccer. Il est toutefois important de mentionner qu’il y a, à Montréal, plus de 350 plateaux de ballon rond, contre seulement 160 pour son cousin à la balle de cuir.

La catégorie où le baseball reçoit le moins de soutien? Le drainage. La Ville calcule que seulement 27% des losanges montréalais bénéficient de bons systèmes de drains, contre 53% pour les terrains de soccer. «Il y a des parcs où, quand il y a un orage, c’est 36 heures d’interruption», dit M. Lamarche.

Solution synthétique
Pour limiter l’entretien régulier sur les terrains montréalais, Baseball Québec propose à l’administration Plante d’investir davantage dans des surfaces synthétiques, plus faciles à entretenir une fois construites. Le premier terrain de baseball synthétique de Montréal a été inauguré en juillet au parc Giuseppe-Garibaldi, à Saint-Léonard.

«Il y a une tonne de terrains qui sont toujours beaux pour le soccer et qui demandent plus ou moins d’entretien, fait valoir M. Lamarche. Nous autres, on est coincés.»

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