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Les Soeurs de Sainte-Anne vendent 150 ans d’histoire

Les Soeurs de Sainte-Anne vendent 150 ans d’histoire
Photo: Messager Lachine & Dorval - Olivier CroteauSœur Lucille Côté, 87 ans, et sœur Céline Dupuis, 76 ans, participeront à la vente des biens du bâtiment historique de la Congrégation des Sœurs Sainte-Anne, fondée en 1850 par Esther Sureau dit Blondin.

La Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne de Lachine organise une grande vente d’objets la semaine prochaine, en vue de l’éventuelle transformation de leur Maison-mère en logements sociaux. Plus de 5 000 articles seront proposés, recelant 150 ans d’histoire.

Durant les journées de vente, les amateurs d’art, de culture et d’histoire pourront se procurer de la vaisselle, des antiquités, des encadrements, des peintures et des meubles anciens. «C’est beau de voir tout ce qui se rattache à notre histoire», partage sœur Lucille Côté, personne-ressource au patrimoine.

La conversion de la Maison-mère en logements sociaux était une initiative des membres de la congrégation, qui souhaitaient poser un geste reflétant leurs valeurs d’aide envers la communauté.

Les quelque 190 sœurs, âgées en moyenne de 87 ans, quitteront l’édifice dans deux ans. Un établissement sera construit sur le même terrain afin qu’elles puissent y être logées. «Nous ne serons pas dépaysées, précise Mme Côté. Le décor restera celui que nous aimons, près du verger et du cimetière.»

Encore aujourd’hui, plusieurs d’entre elles font du bénévolat et prennent part à divers enjeux de justice sociale. Même après le déménagement, leur statut de locataires leur permettra également de poursuivre leur implication par correspondance.

À compter de juin, plusieurs ventes publiques aux enchères, sous la supervision de la Maison des Encans de Montréal, seront annoncées pour les plus grosses pièces de mobilier.

Grande famille

La mission des Sœurs de Sainte-Anne a toujours été centrée sur l’éducation et l’enseignement pour que les jeunes aient les ressources nécessaires à leur développement complet.

«À l’époque, il y avait un besoin criant au niveau de l’éducation, indique sœur Céline Dupuis, co-supérieure de la congrégation. C’est notre rôle d’analyser les besoins de la société et d’agir en conséquence.»

La Maison-mère de Lachine, érigée en 1909, est la quatrième à être occupée par les sœurs au fil des années. Ce sera cependant leur dernière. Maintenant que les besoins d’éducation sont pris en charge par l’État, les membres de l’Amérique du Nord peuvent se retirer tranquillement en toute quiétude, selon Mme Dupuis.

«Nous sommes une grande famille et l’histoire se répète, indique sœur Lucille. C’est un cycle qui se transmet d’un bout à l’autre du monde. Nous ne sommes pas éternelles, mais nous gardons confiance que notre mission se poursuivra après nous.»

Une relève prometteuse s’affiche en Haïti avec 43 sœurs, en plus d’une vingtaine en formation, qui mettent déjà sur pied de nouvelles écoles.

Bâtisseuses québécoises

Installées à Lachine depuis 1861, les Sœurs de Sainte-Anne ont permis la mise sur pied de 215 écoles à l’international, notamment aux États-Unis, au Japon, et au Chili. Une école et un centre hospitalier sont présentement en construction à Port-au-Prince, en Haïti.

Elles ont par ailleurs participé à créer les fondements des programmes pédagogiques du Québec et ont joué un rôle de pionnières dans l’émancipation des femmes.

Aujourd’hui, près de 310 membres continuent d’aider les jeunes et les personnes dans le besoin à travers le monde.

La vente d’objets aura lieu le samedi 18 et le dimanche 19 mai, de 9h à 16h, à la Maison-mère des Sœurs de Sainte-Anne (1950, rue Provost). Les gens devront prévoir des sacs et des boites afin d’y déposer leurs achats.