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Itinérance – Enfin un rencontre entre Fréchette et Martinez Ferrada

Christine Fréchette et Soraya Martinez Ferrada à l’arrivée d’une rencontre à l’hôtel de ville de Montréal portant sur l’itinérance.
Christine Fréchette et Soraya Martinez Ferrada Photo: Collaboration spéciale - Maïté Paradis

La première ministre Christine Fréchette a enfin rencontré la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, au sujet de l’itinérance. La rencontre a eu lieu vendredi soir, après que la mairesse lui ait reproché de négliger l’enjeu durant cette campagne électorale.

«C’est important qu’on soit bien coordonné avec la Ville de Montréal», a déclaré la première ministre sortante à l’issue de la rencontre.

Jeudi, la mairesse de Montréal a reproché à Mme Fréchette et au chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, de n’être pas encore venus discuter dé l’itinérance à Montréal dans le cadre de cette campagne électorale.

Tous les feux étaient braqués sur la crise de l’itinérance à Montréal au cours des derniers jours, après qu’un enfant d’un an ait été retrouvé dans une tente du campement de la rue Notre-Dame.

Les chefs des différents partis ont exprimé leur choc et leur chagrin en réaction à cette nouvelle. Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a évoqué les responsabilités de la mairesse de Montréal.

«Tous les élus qui ont un pouvoir devraient intervenir», a-t-il dit en point de presse jeudi. «Il y a eu des manquements graves», a-t-il ajouté, qualifiant la situation «d’une tristesse infinie».

«Je ne partage pas [l’opinion de Charles Milliard]», a affirmé Mme Fréchette en point de presse après sa rencontre avec Mme Martinez Ferrada. «À mon avis, Montréal en a fait beaucoup en la matière.»

Soraya Martinez Ferrada a fait appel au provincial à de nombreuses reprises depuis le début de son mandat, l’an passé, pour demander à Québec d’investir davantage dans la lutte de l’itinérance. Cette semaine, elle rappelait que Montréal avait triplé son budget en itinérance, mais que la municipalité «ne peut pas se substituer au gouvernement du Québec».

«C’est plus compliqué que ça», a avancé l’ancien président de la Mission Old Brewery et candidat libéral dans Vaudreuil, James Hugues, en entrevue avec Métro. «La gestion des terrains publics, ça relève des villes.» Toutefois, celui-ci reconnait que le provincial détient l’expertise en ce qui a trait aux services médicaux et sociaux.

Une rencontre fructueuse

«Ce manque de coordination systémique entre les différents paliers gouvernementaux nous éloigne de nos objectifs», a affirmé la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) vendredi.

Cette dernière a rappelé que son plan national pour l’itinérance devrait sortir au printemps en cas d’un deuxième mandat caquiste. Il serait élaboré en collaboration avec le fédéral, les municipalités, les groupes communautaires et le privé.

«Les responsabilités de tout un chacun seront précisées, a-t-elle dit. On va établir qui fait quoi et pour se donner de la prévisibilité et de l’agilité.»

La cheffe de la CAQ a précisé qu’une «dimension importante» de ce plan national serait dédiée à la situation montréalaise, en raison de l’ampleur de la crise locale. Elle est aussi revenue sur sa promesse électorale annoncée plus tôt en journée de créer un fonds d’urgence en itinérance de 250 M$. Une part importante sera réservée à la Ville de Montréal, «considérant l’ampleur de l’enjeu ici».

Christine Fréchette s’est aussi engagée auprès de la mairesse à investir dans des logements de transition et de nouveaux programmes de soutien au logement. Mme Martinez Ferrada aurait aussi vanté les bienfaits de la loi P-38, qui peut «vraiment apaiser certains endroits où le sentiment d’insécurité prévalait», selon Mme Fréchette.

La mairesse de Montréal avait annoncé cette semaine évaluer les options légales qui s’offraient à elle si Québec n’aidait pas davantage les municipalités en matière d’itinérance. Mme Fréchette a voulu se montrer rassurante: «On n’en est pas là, on travaille en partenariat au cours des prochains mois.»

Celle qui cherche à se faire réélire cet automne a déplacé son rendez-vous avec le maire de Québec, Bruno Marchand, à dimanche, pour plutôt filer vers Montréal à la rencontre de Mme Martinez Ferrada.

«On a devancé cette rencontre en raison des événements de cette semaine, mais c’était déjà à l’horaire la semaine prochaine», a précisé la cheffe caquiste.

Le PLQ s’explique

En entrevue avec Métro, James Hughes a expliqué les propos de son chef. «L’existence même des campements, c’est une démonstration d’un filet social […] qui ne marche pas pour des personnes fragiles, a soutenu James Hugues. Il faut absolument bonifier l’offre de services de proximité, là où sont les gens.»

Le programme libéral propose l’ajout de places d’hébergement temporaire pour une clientèle multiple et variée, l’augmentation de l’offre de logements abordables et sociaux avec de l’accompagnement et le renforcement du filet social.

Au niveau des services d’urgence, James Hugues considère qu’un gouvernement libéral serait capable de pourvoir 3000 places d’hébergement d’urgence pour la période hivernale.

«Mais ce n’est pas juste des services d’urgence qui vont nous permettre de réaliser l’objectif commun de diminuer l’itinérance en temps réel», nuance-t-il.

Avec la collaboration d’Olivier Robichaud.

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