Le PQ et Montréal «au même endroit» pour l’itinérance
Sommé de venir à la rencontre de la mairesse de Montréal pour discuter d’itinérance, le chef du Parti québécois (PQ) Paul St-Pierre Plamondon a finalement fait un arrêt à l’hôtel de ville de la métropole jeudi.
En point de presse après sa rencontre avec Soraya Martinez Ferrada, Paul St-Pierre Plamondon a abordé l’enjeu de l’itinérance, qui «a pris le plus gros temps» de leur rendez-vous.
«On veut et on dit la même chose sur ce qui nous préoccupe», a assuré le chef péquiste.
«Ce que propose le Parti québécois, c’est-à-dire 1 G$ sur quatre ans et une approche fondée sur le logement [comme point de départ] de l’accompagnement pour sortir et aider les gens de la rue, c’est une approche qui est à la satisfaction de la ville de Montréal», a affirmé M. St-Pierre Plamondon.
Financer les priorités de la mairesse
Selon le chef du PQ, la somme de 1 G$ proposée par son parti pour réduire de moitié le nombre de personnes en situation d’itinérance au Québec en un mandat répond à toutes les «demandes et au plan de match» de la Ville de Montréal en la matière.
À la veille du déclenchement de la campagne, Mme Martinez Ferrada avait énoncé ses priorités pour la métropole. En ce qui concerne l’itinérance, elle réclame le financement de 3200 places en refuge, 2000 logements de transition avec accompagnent et trois centres d’urgence spécialisés en santé mentale et en dépendance.
Le plan du PQ propose de verser 400 M$ pour la construction de 2000 logements dédiées aux personnes en situation d’itinérance, qui auront accès à de l’accompagnement psychosocial. Il veut injecter le 600 M$ restant en prévention et en programmes sociaux.
Le chef du PQ a souligné le travail déjà entamé par la mairesse sur ce dossier. «La Ville est quand même avancée dans sa réflexion de quels terrains utiliser, […] les partenaires sont déjà identifiés», a soutenu M. St-Pierre Plamondon. «Quand on est arrivé à la mairie, on a vu que c’est un sujet qui occupe la mairesse depuis longtemps, puis qu’elle est prête à agir.»
«On était exactement au même endroit, donc c’était une rencontre très très positive et consensuelle sur les sujets qui était sur la table», a-t-il ajouté.
Controverse sur les campements
La crise de l’itinérance à Montréal est devenue un point central de la campange depuis la semaine dernière, après qu’un enfant d’un an ait été retrouvé dans le campement de la rue Notre-Dame.
La mairesse de Montréal avait dénoncé le manque de financement du gouvernement provincial en itinérance. Mme Martinez Ferrada avait reproché à la cheffe caquiste, Christine Fréchette, et au chef du parti meneur dans les sondages, M. St-Pierre Plamondon, de ne pas l’avoir encore rencontré dans le cadre de la campagne électorale.
Mme Fréchette a rencontré Mme Martinez Ferrada la semaine dernière. Paul St-Pierre Plamondon est le dernier chef à venir parler d’itinérance à l’hôtel de ville.
La mairesse a également laissé entendre qu’elle évaluait ses options légales pour contourner l’inaction du provincial.
«Je comprends sa logique, mais je pense qu’on n’aura pas besoin d’aller là», estime M. St-Pierre Plamondon. «En poursuivant exactement les mêmes objectifs, les chances qu’on se retrouve dans une judiciarisation […] me semblent à peu près nulles.»
Il a également assuré que le climat de la rencontre était «souriant et consensuel», malgré les échanges tendus de la semaine dernière.
Le chef péquiste a déclaré la semaine dernière que le dossier de l’itinérance relèverait directement de lui s’il est élu au pouvoir le 5 octobre.
«Ça va être moi, ça va être mon projet, a-t-il décrété, j’en [ferais] ma priorité principale sur le plan social.»
La crise de l’itinérance a atteint des sommets dans les dernières années. Plus de 12 000 personnes étaient en situation d’itinérance visible en 2025. Huit ans plus tôt, on parlait de 6000 personnes.