Manque de place dans les cégeps: les enseignants réclament des mesures d'urgence
Environ 900 jeunes diplômés du secondaire n’ont pas été acceptés dans l’un des cégeps du Grand Montréal faute de place. Les enseignants de ces établissements demandent que de nouvelles places soient créées rapidement.
«Quand quelqu’un veut étudier au cégep, il doit au moins y avoir accès», a affirmé la vice-présidente de la Fédération des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN), Micheline Thibodeau. Cette organisation représente 85% du personnel enseignant des cégeps.
Mme Thibodeau réclame que des classes temporaires soient ouvertes à court terme et qu’au cours de la prochaine année, un plan d’urgence soit échafaudé pour éviter que le nombre de candidats refusés n’augmente.
L’an passé, 850 élèves n’avaient pas été admis après le trois tour d’inscription du Service régional d’admission du Montréal métropolitain (SRAM). La ministre de l’Éducation de l’époque, Michelle Courchesne, avait débloqué 1 M$ pour aménager des classes temporaires et embaucher du personnel dans les cégeps Vanier, André-Laurendeau, Dawson et Saint-Laurent. Environ 650 jeunes avaient ainsi réussi à s’inscrire, d’après le SRAM.
Le gouvernement s’apprêterait à desserrer à nouveau les cordons de la bourse pour ajouter 500 nouvelles places dans les établissements collégiaux de Montréal, selon les informations obtenues par le quotidien Le Devoir. Une annonce serait imminente.
La hausse de la clientèle cégépienne est attribuable à une augmentation du nombre d’élèves au secondaire dans la région de Montréal, selon Micheline Thibodeau, ainsi qu’au succès que remportent les projets de persévérance scolaire. Elle a aussi souligné le fait que les critères d’admission sont moins exigeants. Le ministère a ainsi sous-estimé la demande et n’a pas prévu assez de places, selon elle.
La FNEEQ-CSN croit aussi qu’il faut mousser les programmes d’études collégiales offerts dans les régions pour encourager les jeunes à aller y étudier. Des logements à peu de frais et des allocations de transport pourraient leur être offerts, selon le syndicat. «Mais pas question d’obliger quelque étudiant que ce soit d’aller en région», a dit la vice-présidente de la FNEEQ-CSN.
La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) approuve cette solution. L’organisation, qui représente plus de 60 000 cégépiens, croit même qu’il ne faut pas ouvrir de nouveaux cégeps à Montréal, mais plutôt référer les candidats refusés aux établissements situés en région qui ferment de plus en plus de classes d’année en année.