Montréal

Des projets pour restaurer l’église de Saint-Léonard

Des projets pour restaurer l’église de Saint-Léonard
Photo: Félix Lacerte-GauthierLe père Boboruta veut redonner un peu de lustre à son église, alors qu'elle fêtera bientôt son 130e anniversaire.

Homme aux multiples talents, le père Adrian Boboruta, qui s’est récemment installé à la paroisse de Saint-Léonard, voit grand pour son église. Il a de nombreux projets pour y redonner un peu de lustre.

«Il faut être un peu fou ! Il y aura toujours des voix pour rappeler que ce n’est pas le moment [pour des travaux], ou qu’il n’y a pas de fonds. Mais avec du courage, on peut accomplir de belles choses». – Le père Adrian Boboruta

Installé à son atelier, le père Boboruta s’active à son nouveau passe-temps. Celui de restaurer lui-même des statues qu’il a pu récupérer au Diocèse de Montréal. De petits coups de pinceau d’une main experte redonnent d’ailleurs un peu de vie à la Vierge Marie.

Fort de son sa formation en Beaux-arts et d’une expérience dans les ateliers de Versailles, il est tout indiqué pour ce projet. Cela lui permet aussi d’éviter les coûts importants normalement associés à la restauration d’œuvres d’art, dans le contexte où son église manque de fonds. Pour autant, cela ne l’arrête pas. « Si vous avez une bonne idée, vous finirez toujours par trouver de l’argent, pense-t-il. Si les gens voient qu’un projet commence réellement et qu’il est stable, ils embarqueront également. »

Marquer un anniversaire
L’église de Saint-Léonard fêtera, le 25 décembre prochain, son 130e anniversaire. Le père Bororuta espère pouvoir préserver cet héritage pour les prochaines générations. Il a d’ailleurs entrepris des démarches afin que le bâtiment soit reconnu comme un lieu d’importance historique. « C’est un moment de l’histoire de Montréal, affirme-t-il. Pas seulement sur le plan spirituel, mais aussi au niveau culturel. »

L’une des plus vieilles églises de la ville, elle a dû être reconstruite en deux occasions. « Elle a brûlé entièrement en janvier 1907, possiblement en raison d’une malveillance explique le père Boboruta. Il ne restait que les murs de pierres. » Un second incendie, cette fois dû à un feu dans le voisinage, se produit en mai 1930. « On peut dire que cette église est comme l’oiseau phénix, qui renait de ses cendres. Par deux fois au sens propre », sourit-il.

Homme à tout faire, le père Boboruta a entrepris de restaurer lui-même des statues qu’il a pu récupérer au diocèse de Montréal.

Il a également entrepris quelques travaux d’embellissement afin de redonner un peu de vernis à l’église pour son anniversaire. Ainsi, les six statues qu’il a pu récupérer orneront bientôt l’intérieur du bâtiment, une fois celles-ci remises en état. En outre, le père Boboruta a aussi trouvé, toujours au diocèse, un tabernacle qu’il estime dater des années 1920. Il devra toutefois le restaurer également avant de pouvoir le mettre en place. Enfin, des travaux sont en cours pour refaire l’autel, qui sera couvert de marbre rouge. Cela, sans compter les réparations extérieures nécessaires afin d’éviter que l’une des façades de pierres ne s’effondre.

« Il faut être un peu fou !, admet le père Boboruta. Il y aura toujours des voix pour rappeler que ce n’est pas le moment, ou qu’il n’y a pas de fonds. Mais avec du courage, on peut accomplir de belles choses. »

Se vouer à l’Église
Originaire de Roumanie, le père Boboruta a d’abord enseigné la philosophie à l’Université de Bucarest. Ayant décidé de devenir prêtre, il a entrepris des études à La Sorbonne et à l’Institut Catholique de Paris, passant 10 ans en France. Il a également passé un autre 10 ans, en Italie cette fois, avant d’arriver au Québec. « J’ai été des années sans voir la neige, confie-t-il. Le lendemain de mon arrivée, il y a eu une tempête. C’était une expérience intéressante qui m’a ramené à mon enfance. »

Une fois au Québec, il a d’abord passé trois ans à la paroisse de Saint-Antonin, dans le quartier Côte-Des-Neiges. À l’automne, il est arrivé à Saint-Léonard, où il se sent bien alors que l’Italien est l’une des sept langues qu’il maîtrise. « Je voulais varier les expériences, je n’ai jamais voulu rester trop longtemps en un seul lieu », dévoile-t-il.

Le père Boboruta est d’ailleurs incertain du temps qu’il passera encore dans sa nouvelle paroisse. Plutôt actif, il a toujours voulu terminer les projets qu’il a entrepris dans ses différentes paroisses, avant de voler vers de nouveaux défis, laissant une trace positive de ses passages. « Je n’aurais jamais pensé traverser l’Atlantique et accomplir toutes ces choses. Comme on dit : les voies du Seigneur sont impénétrables », conclut-il dans un éclat de rire.