Montréal

Retour vers le futur montréalais

Retour vers le futur montréalais

Pour voyager dans le futur de la métropole, nul besoin d’une DeLorean carburant aux déchets comme celle de Marty McFly alors qu’un simple wagon AZUR vous y transporte. Destination la Tour IBM Marathon en plein centre-ville pour l’exposition Le Montréal du futur, un événement gratuit et ouvert au public qui présente les grands projets immobiliers qui changeront le visage de Montréal au cours des prochaines années.

En pénétrant dans l’imposant hall d’entrée du 1250 boulevard René-Lévesque Ouest, on saisit l’ampleur de la transformation qui s’opère dans le paysage montréalais. Une centaine de projets de construction, en cours et à venir, sont présentés en images et dessins sur panneaux, présentations vidéos interactives ou maquettes 3D. Des chantiers immobiliers de toutes sortes – commerciaux, institutionnels ou résidentiels – qui redessineront progressivement sur un horizon de 10 ans la silhouette de la métropole québécoise.

« J’ai toujours trippé buildings », lance d’emblée en entrevue avec Métro Robert J. Vézina, passionné d’architecture et fondateur de l’exposition biennale qui en est à sa 7e édition. « Les projets présentés ne sont pas forcément ce que les constructions seront ultimement. Ce sont des visions, des idées et propositions sur ce qui s’en vient à Montréal. Mais ça donne une excellente idée de ce qu’on pourra voir dans le futur en scrutant l’horizon montréalais. »

Robert J. Vézina, organisateur de la 7e édition de l’exposition Montréal du futur/ Josie Desmarais

Une centaine de projets immobiliers proposés par 35 exposants – promoteurs, firmes d’architectes, institutions publiques, gouvernements – couvrent la totalité du parterre pour l’événement se déroulant du 29 mai au 4 juin. Du nombre, 35 projets mis de l’avant par la Ville de Montréal qui occupe une place enviable au cœur de l’exposition. Le REM qui la touchera bien sûr, mais également l’Espace 67 du Parc Jean-Drapeau, des places publiques ou des parcs qui feront un jour le bonheur des Montréalais.

Car ça bouge à Montréal depuis quelques années! La faute à un retard historique de plusieurs décennies qui a laissé la métropole parsemée de « trous » constate M. Vézina. « Montréal était comme un gruyère rempli de trous avec trois axes : sud, est et ouest, car on ne construit pas sur la montagne au nord. Et bien ces trois axes sont en train de se faire remplir! Au niveau du tissu urbain sur la rue, ça va devenir beaucoup plus agréable, les vues vont changer et s’embellir. Bientôt, la personne qui visite Montréal verra que ça n’arrête pas aux limites du centre-ville. Avant, il n’y avait rien, que des trous abandonnés qui, aujourd’hui, sont en train de faire place à des grands et beaux projets très diversifiés. »

Plus qu’une simple exposition, son organisateur met l’accent sur le contenu et la matière qu’on y trouve. Fiches explicatives, écrans tactiles qui permettent de voir les édifices sous tous leurs angles et même d’entrer à l’intérieur, dans l’architecture de la construction, les informations à cueillir sont nombreuses sur presque tout ce qu’il y a de significatif dans le futur immobilier des grands projets montréalais.

Et le logement social ? Il y a des projets sociaux précise le maître d’œuvre de l’exposition, en éducation et en santé notamment, mais l’emphase est ici sur les « gros projets, les projets d’envergure ».

« Comme organisateur de l’exposition, mon rôle n’est pas de juger de la composition ou de la structure d’un projet. Une loi à ce sujet sera bientôt en vigueur et les entrepreneur vont s’adapter. D’ailleurs, nous n’avons pas choisi les projets présentés ici. Nous avons lancés un appel à tous et nous travaillons avec ceux qui acceptent de collaborer à cet événement. Ça inclut des promoteurs, mais aussi des hôpitaux, des musées, la Ville de Montréal, les différents paliers de gouvernements et leurs nombreux projets. Notre rôle en est un d’information. »

7e édition de l’exposition Montréal du futur/ Josie Desmarais

Quel futur ?

Métro a demandé à Robert J. Vézina de décrire le futur immobilier de la métropole en quatre traits ou caractéristiques.

Élancé
« C’est une tendance mondiale qui se vérifie à Montréal : les édifices sont plus minces et plus haut car la technologie le permet. Ça permet d’avoir davantage de superficie sans avoir besoin d’énormes terrains qui, disons-le, coûtent de plus en plus cher. C’est le cas à New York et Toronto depuis quelques années et ça gagne maintenant la métropole québécoise. »

Mixte
« Les grands projets proposés aujourd’hui sont mixtes, avec un volet résidentiel, un autre commercial et alimentaire, parfois même avec un hôtel intégré. C’est rendu systématique. Les projets ne sont plus cantonnés dans un seul aspect, ils sont des expériences mixtes et plurielles qui amènent une valeur ajoutée, qui offre davantage que l’achat d’un simple condo ou espace commercial. Cette cohabitation est au cœur de tous les grands chantiers montréalais. »

Créatif
« Au point du vue architectural, le niveau de design, de style et d’angle a connu une évolution marquée. C’est fini le temps des angles droit, des cubes et des carrés. On joue avec les surfaces, les formes et tout ce qui façonne une construction. Des murs rideau en verre, des balcons là où on ne les attendrait pas, la créativité est foisonnante dans le domaine. On sort des sentiers battus, on s’inspire d’ailleurs et ça donnes des résultats vraiment surprenants et innovants. »

Vert
« Aujourd’hui tous les gros projets sont certifiés Leed. Un projet montréalais, le Maeistra, a même dépensé une fortune pour être 100% Leed ! On recycle tous les déchets de construction, les émissions de gaz à effets de serre sont compensées, on récupère l’eau de pluie, on intègre presqu’automatiquement des toits verts, les formes d’énergie choisies sont renouvelables. »

Le public peut visiter l’exposition gratuitement au 1250, boulevard René-Lévesque Ouest, du mercredi 29 mai au mardi 4 juin. Elle est accessible tous les jours de 9h00 à 21h00, sauf le dernier jusqu’à 18h00.

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