Montréal

Rosemont refera 100% de son réseau cyclable

Rosemont refera 100% de son réseau cyclable
Photo: Emmanuel DelacourLe maire de Rosemont - La Petite-Patrie annonce la refonte totale des pistes cyclables sur son territoire pendant les trois prochaines années.

Dans un souci de repartir avec « une page blanche », Rosemont – La Petite-Patrie repensera l’entièreté de ses 90 km de voies cyclables dans les mois à venir, et ce, pour les trois prochaines années. De plus, l’administration promet d’ajouter 65 km de voies supplémentaires lors de cette période.

C’est ce qu’a annoncé le maire de l’Arrondissement, François W. Croteau, jeudi matin, indiquant qu’il s’agissait d’une « grande transformation du réseau cyclable ».

Tout en s’inspirant du Réseau Express Vélo (REV), présenté il y a quelques semaines par la Ville de Montréal, cette refonte des pistes cyclables dans ce quartier central propose l’augmentation de la visibilité des cyclistes, l’instauration de mesures de protection, la création d’une signalétique distincte et l’aménagement de haltes repos.

Dès cette année, l’administration entend construire un axe cyclable bidirectionnel sur l’Avenue De Châteaubriand « de haute capacité », protégé et quatre-saisons.

Par ailleurs, on envisage de s’attaquer au déneigement de 12,4 km additionnels de pistes cyclables pour cette année.

Les prochaines interventions viseront aussi à étudier la possibilité d’imposer des sens uniques sur les rues Bellechasse et Saint-Zotique, afin d’offrir des trajets protégés d’est en ouest sur le territoire. Les rues Saint-Dominique, Chabot, de Bordeaux, ainsi que les 1re, 30e, 31e, 36e et 39 Avenues verront leurs bandes cyclables réaménagées avec des bollards ou par la mise en place de vélorues partagées.

Les abords de ruelles seront complètement revus avec une sécurisation grâce à l’implantation de zones de dégagement de cinq mètres à l’approche des sorties près des voies cyclistes. Ce projet exigera l’élimination de 150 places de stationnement en 2019, selon le maire.

« Pour sécuriser ces endroits, il aura fallu prendre une décision. Dans le cas des sorties de ruelles, ce sont souvent les automobilistes qui nous font des demandes pour les rendre plus sécuritaires, car ils ont peur de frapper des cyclistes ou des piétons parce qu’ils doivent s’avancer sur les trottoirs pour voir la circulation qui s’en vient », insiste M. Croteau.

Dans son ensemble, ce plan sur trois ans coûtera 6 M$ à l’Arrondissement, et sera élaboré avec les services de la Ville Centre et des Arrondissements avoisinants, a-t-il indiqué.

À terme, l’administration souhaite aménager graduellement de nouvelles pistes à sens unique sécurisées en bordure de trottoirs « sur de nombreuses rues locales et artérielles ».

En mode rattrapage
Le projet de l’Arrondissement prévoit la création d’un comité de suivi, dont fera partie Jean-François Pronovost, vice-président, développement et affaires publiques chez Vélo Québec.

« Nous sommes très heureux de cette annonce à Vélo Québec, qui signale qu’on passe à une autre vitesse dans ce quartier. La question de la sécurisation qui a été souvent soulevée par le maire exige que l’on apporte des gestes concrets », souligne-t-il.

Ce dernier croit qu’en général Montréal est rendu un point décisif dans son développement des infrastructures cyclables.

« De l’extérieur, lorsqu’on la compare avec les autres villes d’Amérique du Nord, Montréal à l’air d’une ville de cyclistes. La création de Bixi a été un moment charnière pour l’utilisation du vélo, mais depuis on n’avait pas vu de vraies mesures. Avec l’arrivée de REV et de plans locaux comme celui-ci, on rattrape la disparité entre la croissance des usagers et la construction d’infrastructures. »