Culture

Yannick Nézet-Séguin renouvelé «à vie» à l’Orchestre Métropolitain de Montréal

Yannick Nézet-Séguin renouvelé «à vie» à l’Orchestre Métropolitain de Montréal
Photo: Josie DesmaraisYannick Nézet-Séguin sera renouvelé «à vie» à l’Orchestre Métropolitain de Montréal. / Josie Desmarais

L’Orchestre Métropolitain de Montréal (OM) s’associe pour longtemps – très longtemps – à son directeur artistique Yannick Nézet-Séguin. L’organisation a accordé, lundi, un renouvellement de contrat «à vie, d’une durée illimitée et basé sur la confiance mutuelle» à celui qui dirige ses musiciens depuis 20 saisons consécutives.

«C’est un événement historique, parce que ça se passe à peu près jamais dans notre milieu des choses comme ça», explique le principal intéressé en entrevue à Métro, en marge d’un grand rassemblement tenu pour l’occasion sur la place des Festivals.

Pareil partenariat demeure effectivement assez rare dans le milieu musical, surtout entre un jeune chef et un orchestre qu’il n’a pas lui-même créé.

Plus qu’un pacte à long terme, ce contrat «est une façon de renouveler notre confiance et de s’enlever la contrainte du temps», croit M. Nézet-Séguin.

«C’est important pour moi Montréal, de faire mon métier ici. Ce sont les musiciens qui me connaissent le mieux. J’ai envie que ça continue», poursuit-il, non sans émotions.

«C’est très émouvant, parce que là je me dis « wow, j’ai quand même juste 44 ans ». Ça veut dire beaucoup de décennies encore.» -Yannick Nézet-Séguin

Pour le président-directeur général de l’Orchestre Métropolitain, Jean Dupré, c’est surtout «grâce au contact tout particulier que Yannick Nézet-Séguin a avec les musiciens» que l’OM n’a cessé de gagner en maturité et en notoriété mondiale dans les dernières années.

«Il a nous a mené à des sommets en émotions, à Montréal et désormais dans les salles les plus réputées d’Europe et d’Amérique du Nord», illustre-t-il.

Sans contraintes, l’OM peut «désormais rêver de son avenir artistique», avance M. Dupré. À partir d’aujourd’hui, dit-il, nul ne pourra vraiment «prédire» les exploits que réalisera l’Orchestre Métropolitain de Montréal.

Un «momentum» culturel à Montréal

Si la métropole québécoise a toujours été une capitale culturelle à ses yeux, Yannick Nézet-Séguin avoue toutefois sentir un vent de renouveau.

«Il y a quelque chose qui se passe. Un certain momentum nous agite, avec la quantité d’artistes qu’on a ici, avec l’investissement aussi, ne serait-ce que dans le Quartier des spectacles», considère-t-il.

Le directeur artistique espère par ailleurs que le fait que l’industrie culturelle montréalaise soit «en grande santé» convaincra le public et les différents partenaires «d’investir encore plus dans la musique». Il pointe aussi vers les secteurs de la danse, du théâtre ou du cirque, tous en effervescence selon lui.

Cette année, la plus grande fierté du Montréalais d’origine est la place qui sera faite aux femmes dans la programmation. «Il y aura beaucoup de femmes sur le podium et qui composent. C’est ce qui nous excite le plus cette saison», observe-t-il, disant vouloir provoquer le changement.

Rappelons que depuis ses débuts en 1981, l’Orchestre Métropolitain – qui soufflera l’an prochain ses 40 bougies –, présente des orchestres entièrement paritaires.

Des représentants «hors-pairs»

Quand l’Orchestre Métropolitain s’exécute à l’étranger, son succès et la reconnaissance dont il fait l’objet «rejaillissent sur Montréal», souligne la responsable de la culture et de la diversité au comité exécutif, Magda Popeanu.

«Vous êtes tous des représentants hors-pairs du savoir artistique de notre ville. La vie ici, peu importe la saison, bat au rythme de la musique.» -Magda Popeanu

Même son de cloche pour la vice-présidente aux affaires gouvernementales d’Hydro-Québec, Élise Proulx, dont l’organisation soutient l’OM depuis 20 ans.

«Vos nombreux concerts à la Maison symphonique et dans une dizaine d’arrondissements de Montréal, ou encore le traditionnel concert au pied du Mont-Royal qui a attiré 35 000 personnes cette année, prouvent que l’OM a un très vaste public», a-t-elle renchéri.

Chaque année, l’Orchestre rejoint aussi près de 10 000 Montréalais de moins de 18 ans avec sa programmation jeunesse.