Montréal
11:03 12 février 2020 | mise à jour le: 12 février 2020 à 12:39 temps de lecture: 4 minutes

Locaux vacants: la Ville de Montréal bonifie l’aide aux sociétés de développement commercial

Locaux vacants: la Ville de Montréal bonifie l’aide aux sociétés de développement commercial
Photo: Zacharie Goudreault/ MétroUn local vacant sur la rue Saint-Denis.

La Ville de Montréal gonflera de 40% l’aide financière qu’elle accordera cette année aux sociétés de développement commercial (SDC) de la métropole. Dans le même temps, la vitalité de plusieurs artères commerciales est affectée par la présence de nombreux locaux vacants sur celles-ci.

L’an dernier, la Ville de Montréal a accordé un soutien financier de près de 1,2 M$ aux SDC par le biais d’un programme visant notamment à les aider dans leur recrutement commercial. Les élus du comité exécutif ont toutefois adopté mercredi une bonification d’environ 500 000$ de ce montant, qui atteint 1,7 M$ pour 2020.

Ainsi, la somme maximale que pourra recevoir chaque SDC cette année passera de 70 000$ à 100 000 $.

«Vous le savez, la vitalité commerciale représente une priorité très claire pour notre administration. On ne fait pas juste en parler», a évoqué mercredi matin le responsable du développement économique et commercial à la Ville, Luc Rabouin.

Ce dernier a ensuite donné une conférence de presse à cet effet un peu avant midi à la Place Bonaventure, où se déroule aujourd’hui et demain l’événement Expo Entrepreneurs 2020

«On sait que les commerces sur rue font partie intégrante de la qualité de vie des Montréalais.» -Luc Rabouin

La Ville tire l’aide financière qu’elle offre aux SDC d’une entente signée en 2018 avec Québec qui lui permet d’investir 150 M$ sur cinq ans dans la planification économique de la métropole.

Ce programme d’aide financière devra faire l’objet d’une approbation par le conseil municipal le 24 février. Il pourra ensuite entrer en vigueur.

Locaux vacants

En 2018, l’Association des SDC de Montréal (ASDCM) a réalisé un rapport sur ce programme de financement de la Ville. Celui-ci souligne l’importance de bien analyser la situation économique des artères commerciales afin d’établir un «plan de positionnement».

Dans le cadre de la récente consultation publique sur les locaux commerciaux vacants à Montréal, l’ASDCM a d’ailleurs soulevé l’importance de limiter la superficie commerciale afin d’éviter qu’il y ait trop de commerces par rapport à la demande.

Entre 1980 et 2015, la superficie commerciale de la région métropolitaine a augmenté de 144%. Or, la population n’a crû que de 43% pendant cette période, souligne un mémoire de l’organisation.

«Il faut planifier le territoire. C’est beau de développer la superficie commerciale, mais il faut s’assurer que l’offre et la demande correspondent», a expliqué récemment à Métro le président de l’ASDCM, Billy Walsh.

Ainsi, cette subvention de la Ville pourra également aider les SDC à établir un «bilan de l’offre et de la demande» sur l’artère qu’elles représentent. Cette somme pourra d’autre part servir à la «planification ou [à] la réalisation d’un projet immobilier visant à diversifier l’offre commerciale sur l’artère», indiquent des documents décisionnels du comité exécutif.

Recommandations

M. Rabouin a d’ailleurs indiqué que la Commission sur le développement économique a commencé «ce matin» son analyse des propositions émises par les nombreux organismes et citoyens ayant pris part à la consultation sur les locaux vacants dans les derniers mois.  Elle devrait déposer cet automne ses recommandations à la Ville.

Pendant cette consultation, plusieurs représentants du milieu des affaires ont réclamé une baisse de la charge fiscale des commerces montréalais, qui demeure une des plus élevée au pays. Des organismes réclament pour leur part la création d’une taxe sur les locaux commerciaux vacants afin de contrer la spéculation.

«Les recommandations qui vont découler du rapport vont nous permettre d’adopter d’autres mesures qui vont s’inscrire dans notre travail de soutenir le développement commercial à Montréal», a ajouté M. Rabouin.

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