Montréal
03:30 23 juin 2020 | mise à jour le: 23 juin 2020 à 15:22

La pandémie favorise les vols de colis, constatent des citoyens

La pandémie favorise les vols de colis, constatent des citoyens
Photo: Josie Desmarais | MétroUn colis livré est laissé au pied d'une porte.

Alors que le commerce en ligne a la cote en temps de pandémie, les livraisons «sans contact» viennent faciliter les vols de colis, constatent des Montréalais qui ont vécu une telle mésaventure dans les dernières semaines.

Dès la mi-mars, de nombreuses entreprises ont fait face à une hausse des demandes pour des livraisons de colis à domicile. Une situation directement liée à la crise sanitaire, qui a entraîné la fermeture temporaire de nombreux commerces et limité les déplacements des citoyens pendant plusieurs semaines.

Dans ce contexte, les compagnies de livraisons ont pris des mesures pour limiter les risques de propagation du coronavirus auprès des livreurs tout en répondant à cette forte demande. Postes Canada a notamment annoncé le 23 mars la politique «Sonner, déposer, quitter» pour ses livraisons de colis. Une mesure qui limite les contacts entre les citoyens et les livreurs puisqu’elle «élimine les signatures à la porte et réduit considérablement le nombre de colis envoyés à nos bureaux de poste aux fins de ramassage», souligne l’entreprise.

Vols de colis

Ces mesures peuvent toutefois stimuler les vols de colis laissés sans surveillance, déplorent plusieurs Montréalais qui ont vécu une telle mésaventure.

«J’avais commandé des souliers comme cadeau pour mon frère et tout était plus long dans le contexte de la crise. J’ai un peu oublié cette commande parce que je savais que ça allait être long. Un mois après, j’ai demandé le numéro de traçage et on m’a dit que ça avait été livré la veille à mon adresse», raconte Romain Lasser. C’est alors que le résident de Saint-Henri a réalisé qu’un individu avait piqué son colis devant la porte de son logement.

«C’est vraiment une manne dans le quartier. Il y a des gens qui se font voler énormément», ajoute M. Lasser, qui voit défiler de nombreux témoignages du genre sur les réseaux sociaux.

Contacté par Métro, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’a pu indiquer s’il a constaté une hausse des plaintes reliés à des colis volés dans les dernières semaines. Le SPVM prend toutefois ce phénomène «au sérieux» et encourage les citoyens qui ont subi un tel vol à «déposer une plainte» au corps de police.

Laxisme des livreurs

Des citoyens ont aussi fait part à Métro du laxisme de certains livreurs, qui ne prendraient même pas la peine de sonner à la porte d’un logement avant d’y déposer un colis et de quitter les lieux. C’est notamment le cas de Pauline Barbot, qui s’est fait voler une livraison il y a environ un mois alors qu’elle était pourtant dans son logement.

«La poste a déposé mon colis devant ma porte d’entrée, sans frapper. […] J’ai reçu un courriel plus tard indiquant que mon colis a été déposé devant ma porte à telle heure, tel jour. Je n’avais rien devant ma porte», souligne la résidente du quartier Rosemont.

«Les services de livraison profitent de cette situation exceptionnelle pour justifier et excuser leurs mauvaises pratiques.» -Pauline Barbot

Par courriel, Postes Canada a indiqué ne pas avoir de «registre des vols de colis». L’entreprise affirme toutefois «qu’il n’y a pas eu de changement important dans le nombre de questions de clients concernant des colis possiblement volés».

Amazon affirme pour sa part par courriel que la «grande majorité des livraisons parviennent aux clients sans incident», sans fournir de données à cet égard.

Enjeu environnemental

La popularité croissante des livraisons de colis à domicile pose d’autre part un enjeu environnemental et de sécurité en contribuant à une augmentation des camions qui circulent dans les rues résidentielles, souligne le conseiller stratégique en transport à la Coop Carbone, Vincent Dussault. Il presse donc la Ville de se pencher sur la création de points de dépôt que les différentes compagnies de livraisons pourraient utiliser.

L’an dernier, Purolator a d’ailleurs entamé des discussions avec la Ville dans le but de mettre en place des casiers de livraisons près de certaines stations de métro.

La Ville n’a pas commenté, lundi.

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