Montréal
13:02 9 juin 2021 | mise à jour le: 9 juin 2021 à 13:51 temps de lecture: 3 minutes

CHSLD Yvon-Brunet: c’était la «pire période de ma vie», dit une préposée

CHSLD Yvon-Brunet: c’était la «pire période de ma vie», dit une préposée
Photo: Josie Desmarais/MétroLe CHSLD Yvon-Brunet, dans le Sud-Ouest de Montréal

Une préposée aux bénéficiaires du CHSLD Yvon-Brunet, un des plus touchés par la pandémie, a vécu la «pire période de [s]a vie» lors de la première vague de COVID-19 qui a infecté le deux tiers des résidents de l’établissement.

C’est ce que l’employée, dont le nom est frappé par une ordonnance de publication, a confié au troisième jour de l’enquête publique dont fait l’objet le CHSLD Yvon-Brunet. 

«Je me suis fait prescrire des antidépresseurs par mon médecin, car je n’étais plus capable de manger, plus capable de dormir.» – une préposée aux bénéficiaires du CHSLD Yvon-Brunet

À la barre, celle qui est préposée aux bénéficiaires depuis plus de 15 ans avait du mal à se souvenir clairement des événements survenus aux mois de mars et avril. «C’est tellement une mauvaise période que je ne suis pas capable de figurer le temps», a-t-elle déclaré devant la coroner qui préside l’enquête, Géhane Kamel. 

Comme deux autres employés ayant témoigné avant elle, la femme a contracté la COVID-19 sur son lieu de travail. Dès le 15 mars, l’anxiété et le stress étaient très présents au sein du personnel du CHSLD où 73 résidents sont décédés des suites de la maladie à coronavirus.

Port du masque interdit pendant un moment

Depuis le début de l’enquête publique, plusieurs employés ont raconté combien ils désiraient porter le masque avant le 3 avril, date à laquelle ils sont devenus obligatoires pour le personnel soignant, selon la cheffe d’unité à l’époque, Pascale Dunlop. 

Certains employés avaient même apporté leurs propres masques – notamment des masques filtrants utilisés dans le domaine de la construction – ou en avaient confectionné des «artisanaux» dans le but de se protéger, ont-ils confié. 

Toutefois, à cette époque, leurs supérieurs leur demandaient de les enlever, soutenant qu’ils feraient peur aux résidents.

«Ce n’était pas très chic pour les résidents, ça faisait peur, mais en même temps, on avait peur nous autres aussi. On avait peur de s’auto-infecter toute la gang et c’est ça qui est arrivé.» – préposée aux bénéficiaires 

Pascal Dunlop s’était défendu mardi en affirmant suivre les consignes de la Santé publique qui conseillait plutôt lavage de mains. Elle soulignait aussi veiller à «la sensibilisation de la pénurie d’équipement». 

Plusieurs employés ont affirmé avoir eu droit à deux masques par jour au début du mois d’avril, trop peu, selon eux. «Au commencement, on faisait pitié avec deux masques», a déclaré un préposé aux bénéficiaires mercredi matin.

Le manque d’équipement de protection, le manque de personnel et le manque de préparation de manière générale sont des éléments qui sont revenus souvent dans les témoignages jusqu’à maintenant.

Les audiences de l’enquête sur le CHSLD Yvon-Brunet ont débuté lundi au palais de justice de Laval, et s’échelonneront jusqu’au 14 juin. À compter du 15 juin, les audiences porteront sur le CHSLD Sainte-Dorothée de Laval.

 

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