Montréal
08:49 18 juin 2021 | mise à jour le: 18 juin 2021 à 16:21 Temps de lecture: 5 minutes

Un policier du SPVM met son genou sur le cou d’un jeune Noir, des images qui préoccupent

Un policier du SPVM met son genou sur le cou d’un jeune Noir, des images qui préoccupent
Photo: Capture d'écran Facebook

Une récente intervention du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) fait réagir. Dans une vidéo, on peut y voir un policier montréalais mettre le genou sur le cou d’un adolescent noir devant un abribus. Des images qui rappellent la mort tragique de George Floyd il y a plus d’un an à Minneapolis.

Cette intervention s’est déroulée le 10 juin dernier dans le quartier de Villeray suite à un appel pour une bagarre de jeunes. Une vidéo citoyenne montre les deux policiers alors en pleine intervention. Alors que le jeune au sol ne semble ne pas résister à l’arrestation, un des policiers met tout de même pendant plusieurs secondes son genou sur son cou. Une pratique qui a été largement dénoncé depuis la mort de George Floyd en 2020. Le deuxième policier présent se dirige vers la caméra après avoir fouillé l’adolescent pour montrer l’objet de l’arrestation, un pistolet à impulsion électrique Taser. 

La vidéo a été partagée de nombreuses fois sur les réseaux sociaux où elle a fait grand bruit. Notamment par la directrice de la Ligue des Noirs nouvelle génération, Anastasia Marcelin qui a exprimé sa colère tout en interpellant Valérie Plante sur la question des caméras corporelles. 

Du côté politique, cette nouvelle intervention problématique pour le SPVM a également fait réagir. Selon les informations rapportées par plusieurs médias, le député de Viau Frantz Benjamin a écrit une lettre au directeur du SPVM Sylvain Caron, en lui demandant de faire la lumière sur cette affaire. 

Du côté de la Ville, la mairesse Valérie Plante a parlé «d’images préoccupantes» tout en rappelant l’importante d’implanter des caméras corporelles pour les policiers du SPVM. 

Quelques mois seulement après la mort de George Floyd, en août 2020, la Ville de Montréal avait adopté à l’unanimité une motion déposée par le parti d’opposition Ensemble Montréal contre l’utilisation de techniques d’étranglement par les policiers montréalais, sauf en cas de dernier recours ou de danger.

Interrogé sur cet évènement ce matin lors d’un point presse, le candidat d’Ensemble Montréal à la mairie de Montréal, Denis Coderre a rappelé le dépôt de cette motion tout en demandant une enquête indépendante : «On a besoin de faire la lumière, tout le monde a besoin de savoir ce qui s’est passé. », a-t-il déclaré. 

M.Coderre a aussi appuyé la nécessité de mettre en place ces caméras corporelles pour le corps policier montréalais, dénonçant « l’attentisme et le manque de leadership » de l’administration Plante. 

«Moi je pense que cette caméra portative est un outil de prévention, ce n’est pas l’outil unique par excellence, mais très certainement quand on va être factuel qu’on va aller chercher l’ensemble des faits sur cette situation-là». 

«On a besoin de caméras portatives, qu’est ce qu’on attend? La GRC le fait, Québec embarque, on n’a pas besoin d’un livre vert de la ministre Guilbault, on l’a mis en place, on était à l’avant-garde parce qu’il y a d’autres villes dans le monde qui l’ont fait. Qu’on arrête de dire ça ne sert à rien. Je pense qu’on a besoin de tous les outils pour nous assurer d’être factuel dans tout ce qui peut se passer. Mais pour chapeauter tout ça de toute façon par rapport à ce dossier-là, on a besoin d’une enquête indépendante.»

Denis Coderre

Le retour de la question des caméras corporelles

Déjà expérimentée lors d’un projet pilote en 2016 sur des policiers du SPVM, la Ville n’avait pas donné suite pour des problèmes technologiques et financiers. Suite à une motion déposée par l’opposition en février, la Ville avait une nouvelle fois reporté la décision en refusant d’équiper immédiatement le corps policier. 

Depuis de nombreuses affaires d’interventions musclées ou erronées comme l’affaire de Mamadi III Fara Camara, ont remis les caméras corporelles à l’ordre du jour.

Certains corps policiers ont déjà adopté cette technologie comme celui de Toronto ou plus récemment la Sûreté du Québec (SQ) qui a relancé un nouveau projet pilote.

Fin avril, dans la foulée du verdict de l’affaire George Floyd qui avait reconnu coupable le policier Derek Chauvin,  le ministre québécois responsable de la Lutte contre le racisme invite Benoit Charette avait encouragé les Québécois à sortir leurs téléphones pour filmer des interventions policières qu’ils jugeaient inappropriées.

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