Une petite bibitte qui monte, qui monte…
Cachée derrière des appartements en construction, La Fourmi bionique travaille sans relâche depuis bientôt cinq ans. Pourtant, Geneviève Gagnon ne s’est pas inspirée de la fable La Cigale et la Fourmi, de La Fontaine, quand elle a lancé sur le marché du petit-déjeuner sa recette de céréales granolas biologiques…
«Deux ans avant la mise en marché, en février 2004, j’ai élaboré le projet de cette entreprise. On ne démarre pas quelque chose sans y avoir bien pensé», explique la jeune patronne de 34 ans.
Riche de sa formation en relations publiques et d’une expérience professionnelle acquise dans plusieurs grosses entreprises, elle décide en 2002 de se lancer en affaires. «Je viens d’une famille d’entrepreneurs. Mon désir d’en devenir une à mon tour a sûrement une composante génétique!» rigole-t-elle. Il faut dire que ses deux grands-pères, ses parents et ses deux sÅ“urs ont tous la fibre des affaires.
Le monde de l’alimentation biologique intéressait la jeune femme depuis plusieurs années. «Je me suis accordé une période de réflexion de deux ans. La première année, j’ai créé chez moi un restaurant clandestin 100 % biologique», avoue-t-elle. Uniquement sur invitation, 20 personnes pouvaient déguster une fois par semaine, sur le Plateau-Mont-Royal, les plats préparés par la chef improvisée. «En plus d’avoir un emploi à temps plein, j’étais seule à faire la cuisine et je n’avais même pas de lave-vaisselle!»
Son rythme de travail ne lui convenant plus, elle a dû passer à autre chose. «Mon copain m’a alors fait remarquer que j’avais une bonne recette de granola. Ce que j’ai trouvé le plus difficile, ç’a été d’abandonner l’idée du restaurant pour développer ce produit. J’avais l’impression de tout recommencer à zéro.»
Naissance du projet
«En une année, j’ai conçu le produit et le plan d’affaires, et j’ai développé le procédé industriel», se souvient-elle. Prête à se lancer dans l’aventure difficile des affaires, la jeune chef d’entreprise franchit le pas, seule, en février 2004. «J’étais à la fois livreuse, compta-ble, cuisinière et représentante!»
Geneviève Gagnon cumule dès la première année les récompenses et voit son chiffre d’affaires doubler année après année. «En 2004, mes céréales étaient vendues auprès de 30 distributeurs. L’année suivante, avec l’aide de ma sÅ“ur, on a su attirer 150 clients.»
Aujourd’hui, ce sont 650 points de vente au Québec qui offrent les produits de La Fourmi bionique, et la jeune entrepreneure est à la veille de les lancer sur le marché français.
«L’objectif, c’est d’être représenté partout au Canada, sur la côte ouest des États-Unis et dans les grands hôtels en Europe d’ici une dizaine d’années.» Geneviève Gagnon est aujourd’hui entourée de 15 salariés «québécois qui fabriquent des produits biologiques venus du Québec!» Et à voir la rapide ascension de l’entreprise et les objectifs ambitieux de la jeune chef, La Fourmi n’a pas fini de travailler.