Le milieu de l'itinérance réclame une politique globale
Des intervenants communautaires ont martelé hier la nécessité d’une poli-tique globale en itinérance.
«On veut que le gouvernement se dote d’une vision globale qui interpelle tous les ministères concernés pour permettre à ceux qui sont dans la rue de s’en sortir», a dit le coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).
En marge de la commission parlementaire sur l’itinérance, qui débutait ses travaux hier à Montréal, plus d’une centaine de sans-abri et de représentants de groupes communautaires ont témoigné de leur quotidien à l’heure du midi dans le parc Émilie-Gamelin.
«L’hiver s’en vient, et il faut de la place pour tout le monde [dans les refuges]», a dit le directeur de la Maison du Père, Silvio Michaud.
«La vie de junkie de rue, c’est pas évident, a rapporté Sophie Sénécal, de l’Associa-tion pour la défense des droits et l’inclusion des personnes qui consomment des drogues du Québec. Il y a encore trop de gens qui chopent l’hépatite en consommant dans des conditions non sécuritaires. Sinon, ce sont les flics qui tabassent nos frères et nos sÅ“urs de la rue.»
Le chanteur Dan Bigras, de son côté, a dénoncé les excès des services policiers. Selon lui, des contraventions sont données aux sans-abri pour avoir marché sur le gazon ou pour s’être assis sur un bloc de béton. «Les citoyens avec des Mercedes n’ont jamais ce genre de « tickets »», a-t-il dit.
Les trois députés qui siègent à la commission parlementaire – Geoffrey Kelly (PLQ), Lisette Lapointe (PQ) et Éric Dorion (ADQ) – ont assisté à ces témoignages.