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Le Gesù, lieu de culte et de culture au cÅ“ur du Quartier des spectacles

Marie-Luce Pelletier-Legros, Métro

La rue de Bleury a des airs d’après-guerre. De ce véritable champ de bataille naîtra une partie du Quartier des spectacles. À l’ombre des grues et des échafaudages, presque tapi dans l’ombre, le Gesù, témoin de l’évolution de la ville depuis 1865, échappe à tout ce brouhaha. «Les gens passent souvent devant ce sanctuaire sans le voir, indique Nicolas Sado,  agent de communications au Gesù. Même ceux qui fréquentent le théâtre ne se doutent pas qu’il y a une église au-dessus d’eux!»

Sobre, massif et gris de l’extérieur, la beauté et la finesse du Gesù sont révélées à ceux qui osent y entrer. Portrait de cette église sans clocher, endroit méconnu qui s’élève pourtant en plein cÅ“ur du centre-ville.

Pour que jeunesse s’éduque
Å’uvre jésuite, l’histoire du  Gesù est liée à celle du Collège Sainte-Marie, le premier collège à dispenser un enseignement bilingue au XIXe siècle. «Les premiers balbutiements de l’UQAM ont eu lieu au Collège Sainte-Marie, raconte M. Sado.

Le Gesù était la chapelle de l’établissement jusqu’à sa destruction, en 1970.» Toutes les fresques et l’iconographie de l’église ont été pensées pour influencer la jeunesse qui fréquentait le collège. Et parce que l’éducation passe aussi par l’art, les Jésuites ont toujours cru que le Gesù devait vivre avec son temps. D’où leur volonté que le collège ait son propre théâtre et l’ouverture de l’église à l’art contemporain.

Le lien entre l’art et le sacré
Plus qu’un lieu de culte, le Gesù, nommé bien culturel par Québec en 1975, est un véritable lieu de création. De nombreux artistes y ont séjourné en résidence. «L’art et la spiritualité sont intimement liés. Quand on crée dans un lieu particulier, telle une église, on emprunte une démarche particulière», expose M. Sado.

À travers les fresques et les statues d’inspiration classique, «faites de papier maché»,  précise M. Sado, se dresse ici, une installation temporaire de l’artiste Matin Müller-Reinhart, là, sous le maître-autel, une huile sur toile plutôt abstraite du jésuite Daniel LeBlond, ou encore une crèche de la Belge Horta Van Hoye entièrement sculptée dans du papier.

Un espace scénique, nommé Aline-Letendre en l’honneur de celle qui a été l’organiste du Gesù pendant plus de 50 ans, a été aménagé à l’arrière de l’église. «Cet espace en est un de dialogue. Il accueille, par exemple, des concerts de musique arabe suivis de lectures de textes issus du soufisme… le tout dans une église catholique», s’exclame celui qui joue le rôle de guide pour l’occasion.

En dehors comme en dedans
Le concours de design lancé cet automne qui vise à mettre en lumière la façade du Gesù, partie intégrante du Quartier des spectacles, permettra sans doute à ce lieu unique  de sortir de l’ombre et de rayonner en dehors comme en dedans.    

www.gesu.net

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