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Le décrochage scolaire devrait être une priorité

Un collectif citoyen a dévoilé hier un plan d’action à l’échelle de la province qui vise à faire passer de 31 % à 20 % le taux de décrochage scolaire d’ici 10 ans.

«Agir coûte cher, mais ne pas agir coûterait énormément plus cher encore. C’est même au-dessus de nos moyens», a déclaré Jacques Ménard, le président de la Banque de Mont­réal, qui a mis en place et dirigé les travaux. Selon leurs résultats, une cohorte de décrocheurs représente un manque à gagner de 1,9 G$.

Le rapport Ménard présente 10 propositions qui vont de la valorisation de l’éducation dans toute la société au dépistage et à l’encadrement précoce des enfants à risque. «Le soutien aux jeunes est l’affaire de toute la communauté, a fait valoir M. Ménard. Nous avons un problème collectif, et c’est ensemble que nous arriverons à le régler.»

De grosses sommes nécessaires

Le Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires affirme que les investissements nécessaires à la réussite de leur plan sont de l’ordre de 35 à 65 M$ par année pour les trois premières années. Lorsque les actions seront mises en place, il faudra entre 140 et 240 M$ par année pour faire des progrès.

Depuis 1992, le Québec a glissé du 7e au 9e rang des pires provinces en termes de décrochage scolaire. Le rapport explique ce recul notamment par le manque de coordination des différents efforts.

Le groupe a étudié plusieurs stratégies, au Canada ou ailleurs, qui ont porté fruit et s’en inspire pour son plan d’action. «Dans toutes les initiatives qui ont connu du succès, on retrouve des constantes, a indiqué Michel Perron, le fondateur du Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire au Saguenay, qui a connu du succès dans la lutte au décrochage dans sa région. [Il y a] un leader prêt à s’engager,  un engagement de la communauté et l’établissement d’une relation de confiance entre le jeune et les intervenants.»

Courchesne salue le rapport Ménard

La ministre de l’Éducation, Michelle Cour­chesne, a indiqué hier être en accord avec plusieurs des points soulevés par le rapport Ménard sur le décrochage scolaire, tout en affirmant qu’il n’existe pas de solution miracle à ce problème.

«Ce rapport confirme l’importance de l’implication de tous les milieux», a fait valoir la ministre. Mme Courchesne, qui n’a pas annoncé de nouveaux investissements, a toutefois souligné qu’il fallait diversifier les modes d’intervention et valoriser l’éducation dans le milieu familial.

Selon elle, le problème du décrochage n’est pas uniquement une question d’investissements. Il faut affronter le problème «région par région, commission scolaire par commission scolaire et école par école». 

Le ministre de la Famille, Tony Tomassi, a affirmé être en accord avec la recommandation du plan déposé par Jacques Ménard selon la­quelle les jeunes de 0 à  5 ans provenant de milieux défavorisés doivent être mieux encadrés. «Il faut que la passerelle entre le CPE ou la garderie et l’école puisse être mieux établie», a-t-il déclaré.

Des avis partagés

Tous ne sont cependant pas du même avis. Bien que la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), l’organisation syndicale la plus importante dans le secteur de l’éducation au Québec, approuve plusieurs propositions du rapport Ménard, elle est d’avis qu’il ne va pas assez loin, un avis que partage Québec Solidaire.

La CSQ et QS soutiennent que certains aspects, comme la rivalité entre les écoles pu­bliques et privées ainsi que le nombre d’élèves par classe, ont été négligés. Ils ont d’ailleurs demandé à ce que le gouvernement convoque un sommet sur le décrochage scolaire.

La Fédération autonome de l’enseignement, qui représente le tiers des enseignants québécois, soulève aussi quelques bémols. Elle déplore ne retrouver dans le rapport aucune mesure pour combattre la pauvreté, une cause importante, selon la Fédé­ration, du décrochage scolaire.

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