Saint-Michel s’attaque aux logements insalubres
Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension entend tripler les inspections de logements insalubres sur son territoire dès 2013. Elles devraient passer de 1000 à 3000.
L’arrondissement a conclu une entente avec la ville centre pour que davantage d’inspecteurs soient à l’affût des moisissures, de la vermine ou de tout autre signe démontrant qu’un logement ne peut être sainement habitable, a annoncé lundi la mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Anie Samson.
D’un côté, l’arrondissement embauchera deux nouveaux inspecteurs qui s’ajouteront à l’équipe actuelle de sept inspecteurs. Un investissement de 150 000$ sera nécessaire. Les nouveaux inspecteurs auront comme tâches de répondre aux plaintes et d’assurer un suivi des dossiers en cours. Les sept inspecteurs traitent à chaque année environ 325 plaintes, à raison de deux à trois visites par plainte.
«On va pouvoir faire de la prévention, s’est réjouie Mme Samson. Actuellement, nos inspecteurs agissent beaucoup sur des plaintes et des revendications des citoyens.»
La ville centre mettra, pour sa part, les huit inspecteurs de la Direction de l’habitation à profit. Avec l’aide des inspecteurs de l’arrondissement, ils s’attaqueront aux bâtiments qui présentent des problèmes graves d’insalubrité.
«On a 16 bâtiments critiques dans lesquels on veut vraiment intervenir en 2013 et en 2014, a expliqué Anie Samson. Cette année, 9 bâtiments sont ciblés et l’année prochaine, on fera les 7 autres.»
En 2013, 360 logements situés dans des bâtiments qui posent problème seront visités. En date de vendredi, 214 logements avaient déjà fait l’objet d’une inspection. L’an prochain, 270 autres logements qui se trouvent aussi dans des immeubles critiques seront fouillés.
Ce plan d’action présenté par Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension découle du rapport 2011 du vérificateur général, Jacques Bergeron. Il y déplorait entre autres le peu de constats d’infraction qui étaient remis aux propriétaires de logements insalubres et les délais trop longs de traitement des plaintes.
Le Comité d’action du Parc-Extension a bien accueilli le plan d’action présenté par l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension pour lutter contre l’insalubrité des logements. «C’est une reconnaissance que l’insalubrité est un problème sérieux et qu’il faut mettre plus de ressources», a dit le responsable des droits des locataires, André Trépanier. Ce dernier a toutefois indiqué que d’autres mesures sont nécessaires pour prendre en charge les locataires qui sont évacués lorsqu’un logement est déclaré inhabitable. La mairesse Samson a assuré qu’elle y travaille avec la Direction de la santé publique et les centres de santé et de services sociaux qui couvrent son arrondissement.
Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension fait partie des 16 arrondissements de Montréal avec qui la ville centre a convenu d’une entente concernant les inspections de logements insalubres. Seuls Outremont, Pierrefonds-Roxboro et L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève n’en ont pas.
L’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension compte 62 865 logements, dont 70,6% ont été construits entre 1946 et 1980. Voici un aperçu du nombre de plaintes reçues au cours des dernières années par l’arrondissement.
- 2008 – 347 plaintes
- 2009 – 386 plaintes
- 2010 – 374 plaintes
- 2011 – 440 plaintes
- 2012 – 434 plaintes