Publicité sur les taxis en 2010: la bataille s'engage
Tout indique que la publicité fera son apparition sur les taxis montréalais au début de l’année 2010. Bien que la ville de Montréal n’a pas encore donné son feu vert pour la mise en place de supports publicitaires sur les voitures, deux compagnies semblent décidées à profiter de la potentielle manne.
Taxicom, qui a conçu le lanternon qui servira d’exemple afin de déterminer les normes d’affichage sur les taxis et qui affirme avoir conclu des ententes avec environ 90 % des compagnies de taxis, semble détenir une longueur d’avance sur sa principale concurrente, Taxi Media Pub. Cette dernière paraît toutefois déterminée à ne pas laisser le tapis lui glisser sous les pieds, même si ses représentants refusent de parler de «guerre».
En conférence de presse, hier, les représentants de Taxi Media Pub ont cherché à attirer dans leurs rangs davantage de chauffeurs de taxi. Selon Alfredo Munoz, le fondateur de SOS Ticket et partenaire de Taxi Media Pub, quelque 1 200 chauffeurs ont déjà adhéré à l’entreprise. M. Munoz prévoit que 800 autres chauffeurs s’ajouteront d’ici le printemps prochain.
L’argument de vente de Taxi Media Pub est simple : moins d’intermédiaires, plus d’argent. «Notre objectif, c’est de donner le maximum de revenus aux propriétaires des voitures-taxis, a expliqué Stéphane Campana, d’Impact Media, un partenaire de Taxi Media Pub. Pour ce faire, nous voulons éliminer les intermédiaires.» Taxi Media Pub se chargera de se procurer des lanternons, de les installer, de trouver les publicités, de récolter l’argent et de redistribuer une partie des revenus aux chauffeurs qui se sont joints à elle. Taxicom offrira le même service, mais fera davantage affaire avec les regroupements de taxis.
Revenus supplémentaires
Selon Stéphane Campana, Taxi Media Pub permettra aux chauffeurs d’empocher 30 % des revenus publicitaires engendrés par la présence d’un lanternon sur le toit de leur voiture. L’entreprise assure même un revenu minimum de 100 $ par mois. Cette affirmation a fait sourciller André Martel, directeur général de Taxicom. «C’est irréaliste de lancer un chiffre à ce moment-ci, alors qu’on ne sait pas encore quelle carte de tarifications sera adoptée ni quelle réponse on obtiendra, a-t-il indiqué à Métro. Pour les mêmes raisons, c’est difficile, voire risqué, de garantir des revenus.»
Le plan d’affaires de Taxicom prévoit que 28,35 % des revenus publicitaires seront versés à l’industrie du taxi. Dès le mois de mars, Taxicom prévoit installer 800 lanternons sur les taxis de la métropole. Ce chiffre devrait doubler d’ici le mois de juin et atteindre 2 000 lanternons d’ici la fin de 2010. Notons que, pour l’heure, seuls les lanternons seront acceptés. La publicité sur les flancs des voitures ne sera pas autorisée, pas plus que la publicité à l’intérieur des véhicules.
Pas de maquillage
Contrairement à ce qui avait été évoqué au départ, les voitures- taxis de Montréal ne devront pas adopter une couleur unique en guise de signature visuelle. Selon André Ménard, un autocollant «Taxi Montréal» a plutôt été retenu afin d’identifier les taxis. Il devrait être apposé à l’arrière des véhicules dès l’année prochaine.