Élections à Laval: Une île, trois candidats
Tout juste au nord de Montréal, trois candidats à la mairie et leur formation politique respective bataillent pour gouverner l’île de Laval. Démocratie, transport et éthique sont au nombre des enjeux qui marquent leur combat électoral. Voici une description des trois prétendants au titre de maire.
L’indétrônable
Gilles Vaillancourt
Gilles Vaillancourt gère la troisième ville en importance du Québec depuis 20 ans. Au cours de ses deux derniers mandats, il l’a fait sans aucune opposition. S’il est réélu, M. Vaillancourt veut que de nouvelles stations de métro soient construites à Laval afin de «boucler la boucle» de la ligne orange jusqu’à la station Côte-Vertu. Il aimerait aussi implanter des circuits d’autobus électriques sur les boulevards des Laurentides, de la Concorde et Curé-Labelle. «C’est important de réduire le bilan des gaz à effet de serre, rapporte celui qui est à la tête du Parti PRO des Lavallois. Près de 53 % des émissions qui affectent notre territoire sont produites par la combustion des moteurs thermiques.»
Devant les critiques de ses adversaires concernant son manque d’écoute, Gilles Vaillancourt répond qu’il consulte régulièrement la population. «Je fais des soupers de quartier, dit-il. Il y a 27 000 membres dans mon parti qui sont des sources de renseignement extraordinaires. J’ai fait six mois de porte-à-porte. Les gens connaissent nos projets.»
Le maire sortant n’a pas voulu se prononcer sur les attributions de contrats qui soulèvent des doutes dans de nombreuses municipalités.
La nouvelle venue
Lydia Aboulian
Lydia Aboulian est à la tête du Mouvement lavallois, le seul parti – mis à part le parti au pouvoir – qui présente des conseillers dans tous les districts de l’île Jésus. Sa principale promesse : rendre la troisième ville en importance au Québec plus démocratique. «Il n’y a
pas de démocratie à Laval. Il n’y a pas de consultation publique. Les gens ne sont pas au courant de ce qu’il se passe», explique-t-elle. Si elle est élue, elle mettra sur pied un bureau de
consultation publique. Elle mettra aussi la hache dans les projets de grande envergure du maire
sortant, comme un méga complexe sportif et culturel à 100 M$. «C’est de l’argent gaspillé», lance-t-elle. Elle investira plutôt dans les installations communautaires (piscines, arénas, parcs, etc.) de tous les quartiers. Et elle veut que de nouvelles stations de métro voient le jour
et que le train de l’est fasse un détour par Laval.
Le Mouvement lavallois veut également que la Ville adopte un nouveau code d’éthique et qu’elle embauche un commissaire à l’éthique.
Le persévérant
Robert Bordeleau
À trois reprises, Robert Bordeleau a tenté sa chance comme conseiller municipal, et à trois reprises, il a été défait. Cette fois-ci, il vise la mairie de Laval. Depuis quatre ans, il n’a pas manqué une séance du conseil municipal.
Aux commandes du Parti au service du citoyen (PSC), il veut rétablir l’écoute des citoyens à Laval. «On veut une ville plus humaine, plus citoyenne», mentionne l’aspirant à la mairie de Laval.
L’un de ses grands projets est de réduire le nombre de conseillers. Aujourd’hui, ils sont 21 qui travaillent à temps partiel. M. Bordeleau veut qu’ils soient 14, disponibles à temps plein. «On veut gérer la ville autrement», explique-t-il. Conséquemment, le PSC présente seulement 14 candidats à l’élection municipale.
Le PSC veut également construire un réseau de tramway qui s’étendrait sur tout le territoire lavallois. «Notre premier tronçon serait en plein milieu de l’autoroute 440», précise Robert Bordeleau. Il veut aussi que le train de l’est retrouve le chemin de Laval.
Pour s’assurer que toutes les règles soient respectées au moment de l’attribution de contrats, le PSC s’engage à embaucher un commissaire à l’éthique et un ombudsman.