La réfection des arénas montréalais plus chère que prévu
La réfection des arénas de Montréal pourrait coûter encore plus cher que prévu.
La Direction des sports et de l’activité physique (DSAP) a demandé mercredi au comité exécutif de la Ville de Montréal d’indexer de 7,8 M$ son enveloppe budgétaire de 274 M$ dédiée à la mise aux normes des arénas. À ce jour, 42 M$ ont été dépensés et sept arénas ont été rénovés. La Ville a eu droit jusqu’à maintenant à plus de 17 M$ en subventions.
Lorsque le programme de réfection de 34 arénas montréalais a été lancé en 2010, la facture de réfection d’un bâtiment était évaluée à 5 M$. Il était alors prévu de seulement remplacer le système de réfrigération au fréon devenu non conforme. Comme les arénas ont souffert d’un manque d’investissements, le budget par centre sportif a été augmenté à 8 M$. Des travaux pour rendre les bâtiments accessibles aux personnes handicapées et plus efficaces sur le plan énergétique ont alors été ajoutés.
La DSAP veut maintenant que l’évaluation des coûts des travaux par aréna passe de 8 M$ à 8,15 M$. La directrice des Sports et des loisirs à la Ville de Montréal, Johanne Derôme, a justifié cette hausse par la nécessité d’être équitable envers tous les arrondissements et la vétusté importante de certains arénas. Elle a donné comme exemple l’aréna Martin Brodeur, dont le toit fait de bois a atteint la fin de sa durée de vie utile. Elle a aussi évoqué le cas particulier de l’aréna de Verdun, construit en 1939, qui présente des problèmes importants de structures. Les travaux devraient coûter au minimum 20 M$, d’après le responsable du développement économique et de l’urbaniste, Alain Tassé, qui est aussi un élu de Verdun. Une étude de faisabilité est présentement en cours concernant ce bâtiment pour guider l’arrondissement de Verdun.
«Au programme triennal d’immobilisations de la DSAP, l’enveloppe budgétaire est insuffisante pour 2014, a indiqué Johanne Derôme. Et l’écart se creusera au cours des prochaines années puisque des projets ont été reportés. À ce jour, trois des quatre projets projetés en 2014 n’ont pas de budget inscrit au programme triennal d’immobilisations (PTI).»
Le comité exécutif devra décider si l’enveloppe budgétaire consacrée à la réfection des arénas sera majorée. Mercredi, le responsable des Transports, Réal Ménard, s’y est montré ouvert en qualifiant la demande de la DSAP de «raisonnable». Son collègue responsable des Sports et des loisirs, Richard Deschamps, qui a aussi semblé prêt à accorder plus d’argent à la DSAP, a indiqué que des «choix difficiles» devront être faits lors de l’élaboration du PTI de la Ville de Montréal.
La vice-présidente du comité exécutif, Émilie Thuillier, a de son côté déploré l’absence d’une véritable analyse comparative des travaux réalisés dans les arénas de Montréal par rapport à ceux qui sont faits dans les arénas du reste du Québec. Le directeur des stratégies et transactions immobilières, Michel Nadeau, n’a pas été en mesure de fournir une telle analyse. Il a toutefois indiqué que les travaux étaient plus coûteux à Montréal puisque les technologies utilisées sont différentes. «La Ville de Montréal est généralement en avance sur la mise aux normes de ses arénas par rapport à beaucoup d’autres villes au Québec», a-t-il dit.