Logement à Montréal: une embellie, mais jusqu'à quand?
Le nombre de ménages sans-logis au 1er juillet est passé de 22, en 2010, à 17, cette année, à Montréal. Cette embellie pourrait toutefois n’être que de courte durée, a prévenu le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
En 2009, une centaine de ménages montréalais s’étaient retrouvés sans logis ou avaient demandé de l’aide à la Ville pour se trouver un toit le 1er juillet. La situation de cet été constitue donc «une bonne nouvelle» pour le FRAPRU, qui a tout de même dit craindre que les choses n’empirent rapidement.
«En 2011-2012, il y aura moins de logements sociaux financés par les gouvernements supérieurs que par les années antérieures, a indiqué dimanche, le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant. Le gouvernement du Québec a annoncé que 2000 logements sociaux seraient mis en chantier. C’est 1000 de moins que l’année dernière. Le gouvernement fédéral, lui, n’a toujours pas confirmé d’investissements en logement social cette année. C’est inquiétant.»
Le FRAPRU a aussi déploré que la construction de condos ait pris le pas sur la construction de logements locatifs dans la métropole.
«En 2010, il s’est construit 12 fois plus de condos que de logements locatifs, a rappelé M. Saillant. La Ville de Montréal pourrait faire plus [pour renverser la situation]. C’est évident qu’une coopérative ou un organisme à but non lucratif qui veut construire des logements sociaux au centre-ville a intérêt à se lever de bonne heure pour faire compétition aux promoteurs privés et acheter les rares terrains qui sont encore disponibles.»
Le FRAPRU a soutenu avoir demandé à la Ville d’imposer des réserves sur certains terrains afin de permettre la construction de logements sociaux. François Saillant a toutefois précisé que ces demandes étaient restées lettres mortes.
Parallèlement, le prix des logements n’a cessé d’augmenter, ce qui a nui aux ménages à faibles revenus. Selon les données du FRAPRU, le loyer moyen a augmenté de 36% au Québec entre l’automne 2010 et le printemps 2011.
À Montréal, le prix moyen d’un logement atteint désormais à 678$ par mois. Quelque 97 000 ménages montréalais dépenseraient plus de 50% de leurs revenus pour se loger. «Le nombre de causes pour non-paiement de loyer a augmenté de 17% à la Régie du logement depuis 10 ans, a affirmé François Saillant. Ce n’est donc pas parce que quelqu’un a un logement qu’il va le garder.»
Le FRAPRU a appelé les décideurs à garder un œil sur la situation afin d’éviter que les difficulté connues au milieu des années 2000, alors que des centaines de ménages se retrouvaient à la rue en juillet, ne se répète.