Un nouveau pont Champlain serait annoncé mercredi
Le maire de Montréal et ses homologues de la Rive-Sud croisent les
doigts en attendant de savoir ce que le ministre fédéral des Transports,
Denis Lebel, a en tête pour le pont Champlain.
Le cabinet du premier ministre Stephen Harper a confirmé que M. Lebel
serait à Montréal mercredi pour une annonce. Personne à Ottawa n’a
cependant voulu en confirmer la teneur.
Un communiqué transmis mardi soir convie les médias pour une « annonce importante » du ministre Lebel, mercredi midi, à Montréal.
Aucun des élus ou des organisations rejoints par La Presse Canadienne
n’avait reçu d’invitation pour l’événement, mardi après-midi.
À l’issue d’un déjeuner-causerie à la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain, le maire Gérald Tremblay a rappelé qu’il s’était
entretenu récemment avec le ministre Lebel au sujet du pont.
Il a dit souhaiter que le gouvernement fédéral mette en branle le
processus qui permettra la construction d’une nouvelle voie de
circulation « le plus rapidement possible ». Le maire estime que le projet
devrait intégrer des voies de transport en commun. En outre, à son
avis, l’ouvrage devrait être réalisé en partenariat public-privé et
financé par un péage.
« Il n’y a personne qui remet en question l’urgence d’agir pour le pont
Champlain. L’important c’est de savoir, dans la réflexion du
gouvernement, comment il va être financé, est-ce qu’il va y avoir un
système de transport en commun adéquat et quand est-ce qu’il va être
remplacé. Nous on souhaite que ça soit le plus rapidement possible avec
les considérations que je viens de vous exprimer », a-t-il martelé.
Pour sa part, le président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc, a
une nouvelle fois relayé les inquiétudes de la communauté d’affaires,
qui redoute une « interruption de service », c’est-à-dire une fermeture du
pont Champlain avant qu’un autre pont soit complété.
« On s’attend à ce que le gouvernement fédéral dévoile le plus rapidement possible sa stratégie », a-t-il insisté.
Jusqu’à maintenant, les conservateurs ont toujours refusé de s’engager à
construire un nouvel ouvrage au-dessus du fleuve Saint-Laurent. Le
ministre Lebel se bornait encore à parler des travaux d’entretien
consentis par son gouvernement.
La chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique, Nycole Turmel, croit
elle aussi que le temps d’agir est venu. « Il y en a eu des études. Il
est temps de faire un nouveau pont », a-t-elle martelé à l’issue de la
période des questions à Ottawa.
« On ne peut pas attendre, encore une fois, d’avoir une autre étude qui
peut prendre six mois, un an. Il faut un nouveau pont, il est temps que
le gouvernement conservateur écoute nos demandes », a-t-elle ajouté.
Le pont Champlain est le plus achalandé au Canada. Les rapports
alarmants sur son état se succèdent depuis 2006. Or, d’après une étude
rendue publique le mois dernier, sa fermeture entraînerait des pertes
annuelles de 740 millions $.
L’une des études dévoilées récemment par le gouvernement conservateur
révélait qu’il faudra investir de 18 à 25 millions $ chaque année,
pendant 10 ans, seulement pour maintenir le pont Champlain dans son état
actuel. Et sa démolition coûtera à elle seule 155 millions $.
Pour les différentes options de ponts et tunnels évaluées, les prix
variaient de 1,3 à 1,9 milliard $. Mais, pour un tunnel, les coûts
d’entretien seraient deux fois plus élevés que pour un pont.