Pas de bimodes dans le tunnel du mont Royal, réclame Richard Bergeron
Québec devrait interdire aux futures locomotives bimodes d’emprunter le tunnel du mont Royal «si l’AMT n’a que cela à nous offrir», a déclaré lundi le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.
Réagissant à l’article de La Presse étayant les lacunes sécuritaires du tunnel en cas d’incendie, le chef de la deuxième opposition à Montréal a dit qu’il fallait, «au minimum, ne pas y faire entrer des réservoirs de carburant fossile. [Les locomotives bimodes] devraient faire le tour de la montagne, comme ceux de Blainville», a-t-il ajouté.
Selon un rapport de 2007 commandé par l’Agence métropolitaine de transport (AMT) à la firme d’experts Hatch Mott MacDonald, le tunnel centenaire n’a aucun système de protection contre les incendies, de système de ventilation ni de route d’évacuation et la situation n’aurait pas changé depuis. Par ailleurs, les trains au diesel ne peuvent y passer, le tunnel ne possédant pas de système d’évacuation de gaz d’échappement
Actuellement, seuls les trains de la ligne Deux-Montagnes, la seule ligne électrifiée de l’AMT, transitent par ce tunnel. Or, l’AMT projette d’y faire passer le trains de l’Est, jusqu’à tout récemment prévu pour 2013, ainsi que le train de Blainville/Saint-Jérôme. Des locomotives bimodes pouvant transporter jusqu’à 6 800 litres de diesel passeraient en mode électrique une fois dans le tunnel du mont Royal.
«La situation actuelle peut être relativement acceptable, bien qu’elle soit un peu inquiétante, affirme Richard Bergeron. Tant que ce sont des trains électriques, c’est moins dangereux, tout le monde le comprend. La journée que tu fais entrer des réservoirs de plusieurs milliers de litres de carburant dans les tunnel, il vient de se passer quelque chose. » Le chef de Projet Montréal aurait souhaité que le train de l’Est soit électrique.
Ancien responsable des analyses stratégiques à l’AMT, Richard Bergeron remet en question les pistes de solution avancées par son ancien employeur pour permettre aux locomotives bimodes de transiter en toute sécurité par le tunnel du mont Royal, soit l’installation d’une «colonne humide» et d’un système de ventilation mécanique pour évacuer la fumée. Le projet devrait être financé à même le programme Réno-tunnel, dont l’enveloppe se chiffre à 15 M$ sur trois ans.
«C’est du bandaid sur une jambe de bois, ça ne marche pas. Ce n’est pas le bon calibre de solution», avance-t-il.
Une remise à niveau du tunnel coûterait, à son avis, «plusieurs centaines de millions».
«Je ne suis pas ingénieur mais je sais qu’il faudrait un tunnel parallèle pour l’évacuation avec des portes coupe-feu à tous les 300 mètres. Il s’agit des normes appliquées notamment dans le tunnel sous la Manche. Je ne vois pas comment on pourrait s’en sortir en bas de plusieurs centaines de millions de dollars pour dire que le tunnel est sécuritaire autant en tout électrique qu’en bimode. Assurément, ce n’est pas 15 M$.»