Bernard Drainville annule sa présence au débat sur la charte à Concordia
Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, a décidé d’annuler sa présence jeudi au débat organisé à l’Université de Concordia portant sur la charte des valeurs québécoises.
«Nous avons demandé à l’Université Concordia s’ils étaient capables de garantir la sécurité des gens dans la salle et ils nous ont répondu que non», a affirmé jeudi l’attaché de presse du ministre Drainville, Manuel Dionne.
Le groupe de recherche d’intérêt public du Québec (GRIP) à Concordia, qui prévoit organiser un «comité d’accueil» devant la salle où le débat aura lieu, a effectivement semé le doute dans l’entourage du ministre.
«À la lumière des propos tenus par le GRIP qui ne voulait pas s’engager à ne pas perturber la tenue de l’événement, nous avons préféré annuler la présence de M. Drainville», a ajouté M. Dionne.
Le GRIP se déclare fermement contre la charte des valeurs québécoise et «soutient activement toutes protestations contre [celle-ci]». L’attaché du ministre précise toutefois que M. Drainville n’a pas reçu de menaces personnelles.
David Clos-Sasseville, responsable aux campagnes à l’Association étudiante des cycles supérieurs de Concordia, qui organise l’événement, précise que le panel aura bel et bien lieu. Les deux autres invités, Kathleen Weil, députée de Notre-Dame-de-Grâce, ainsi qu’André Frappier, ancien co-porte-parole et président de Québec solidaire, n’ont pas annulé leur présence.
M. Clos-Sasseville se dit toutefois surpris de la décision de M. Drainville. «Il a beaucoup à gagner à rencontrer la communauté anglophone», soutient-il. Il dit également avoir reçu un appel du service de sécurité de l’Université de Concordia lui précisant qu’un examen a été annulé mercredi afin que le panel puisse avoir lieu «dans une salle plus sécuritaire». M. Clos-Sasseville ne sait toutefois pas en quoi la salle choisie est plus sécuritaire.
Au sujet du «comité d’accueil» organisé par le GRIP, M. Clos-Sasseville soutient qu’il est «normal dans une démocratie que la population puisse manifester son mécontentement». «Il y a certains étudiants de l’Association étudiante des cycles supérieurs de Concordia dans ce groupe, alors j’ai confiance en eux. Je crois qu’il n’y a rien à condamner», poursuit-il.