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Les élus jugés inefficaces contre l’embourgeoisement

Photo: Yves Provencher/Métro

Plusieurs comités de logements se sont réunis vendredi pour rappeler les conséquences de la gentrification des quartiers centraux de la ville de Montréal, profitant de l’occasion pour dénoncer l’inaction des élus de tous les paliers dans le dossier.

Il y a quelques jours, les élus de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ont annoncé la création d’un comité de travail chargé d’identifier les problèmes engendrés par la revitalisation de l’arrondissement. «C’est trop peu, trop tard», déclare Jonathan Aspireault-Massé, coordonnateur du Comité Bails Hochelaga-Maisonneuve. Selon lui, trop de logements locatifs sont convertis en condos et diminuent l’accès à un loyer abordable.

Accompagné d’autres représentants de comités de logements, M. Aspireault-Massé a tenu une conférence pour expliquer les «multiples effets pervers» de l’embourgeoisement des quartiers centraux, tels que Saint-Henri, Ville-Marie et le Plateau-Mont-Royal. Selon ces groupes, les élus, tant municipaux que provinciaux, ne prennent pas ces problèmes au sérieux.

«Ça fait plus de 10 ans que le phénomène est documenté, on n’a plus besoin de l’étudier avec un comité de travail, il faut passer à l’action», soutient-il. À son avis, il est urgent que la Ville mette sur pied une réserve foncière de terrains, sur lesquels pourraient être bâtis des logements locatifs et sociaux. À Québec, le gouvernement devrait aussi adopter des règlements qui interdisent la conversion du parc locatif. «Il y a déjà des centaines de constructions neuves de condominiums, il faut préserver les logements qui restent», ajoute-t-il.

Même s’il semble peu convaincu de l’utilité du nouveau groupe de travail sur la revitalisation d’Hochelaga-Maisonneuve, M. Aspireault-Massé croit que les élus pourraient profiter de l’occasion pour chiffrer le nombre de conversions de logements qui ont lieu sur l’île de Montréal et ainsi mieux comprendre l’ampleur du phénomène.

«Le comité pourrait aussi tenter d’avoir des chiffres pour savoir combien de propriétaires redeviennent locataires», dit-il. À son avis, cette tendance est de plus en plus fréquente étant donné que plusieurs personnes s’endettent tellement avec leurs propriétés qu’ils se voient obligés de retourner en logement locatif.

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