Glissades, pannes et retards à cause du mauvais temps
Les infrastructures montréalaises ont été mises à rude épreuve lundi à cause du verglas. Mais le pire a été évité.
Les quelque 12 mm de pluie verglaçante conjugués aux rafales de vent atteignant 90 km/h ont causé quelques soucis à Hydro-Québec. À Montréal, jusqu’à 3400 clients ont été privés d’électricité en matinée. À 14h toutefois, on signalait une amélioration, avec plus que 905 foyers privés de courant. Les arrondissements de LaSalle, de Saint-Laurent et de Saint-Léonard ont été les plus touchés, avec 72% des pannes.
Les cols bleus de la Ville de Montréal n’ont pas manqué de travail non plus. En tout, 220 appareils sillonnent actuellement les rues et les trottoirs de Montréal pour tenter de corriger la situation. Si la Ville indique que l’épandage d’abrasifs figurait parmi ses priorités aux abords des stations de métro, des arrêts d’autobus, des hôpitaux et des écoles, plusieurs internautes ont souligné, sur les réseaux sociaux, certains manquements.
Plusieurs internautes ont aussi souligné l’absence de produits de déglaçage aux abords du métro Radisson, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, ou sur les quais des lignes de train de banlieue. Selon une étude de la Direction de la santé publique menée pendant l’hiver 2008-2009, on recense chaque jour, à Montréal et à Laval, environ 15 chutes extérieures nécessitant l’intervention d’une ambulance. Mais en cas de pluie verglaçante, le chiffre peut grimper jusqu’à 100 interventions quotidiennes.
Si Urgences-Santé n’avait pas encore de données chiffrées à fournir, son porte-parole Raymond Desrochers a indiqué que «le volume d’appels à cause de chutes ou d’accidents de la route était considérable par rapport à une journée normale». Étrangement, aux hôpitaux du CUSM et du CHUM, on ne signalait que quelques cas de fractures dues à des chutes, mais rien pour accentuer l’engorgement des urgences de façon spectaculaire.
Bonne nouvelle par contre, le réseau d’eau semble tenir le coup, malgré le redoux ayant suivi un froid intense. «Il n’y a pas plus de bris qu’à l’accoutumée, c’est une bonne nouvelle», lance Isabelle Poulin, une des porte-parole de la Ville de Montréal.
Du côté de la STM, on confirmait lundi matin des retards généralisés pouvant atteindre de 15 à 30 minutes sur le réseau d’autobus. «Les secteurs les plus problématiques sont ceux du centre-ville et d’Anjou», a précisé Isabelle Tremblay, porte-parole de la STM.
À l’aéroport Montréal-Trudeau, 124 vols ont été annulés, principalement à cause du mauvais temps aux États-Unis et à Toronto. La plupart des vols accusent des retards d’environ une à deux heures. L’aéroport précise toutefois que ses propres opérations se déroulent normalement.
Les mauvaises conditions météo des derniers jours compliquent aussi le trafic sur la voie maritime du Saint-Laurent. Plusieurs navires attendent que deux brises-glaces dégagent l’énorme embâcle qui s’est formé au niveau de Sorel. Une batture est aussi à la dérive au niveau de Nicolet, à cause du redoux, mais les vents d’oues,t qui soufflent actuellement, l’envoient vers une zone moins problématique, a résumé en entrevue sur les ondes de RDI Caroline Hilt, porte-parole de la garde côtière.
Le site internet de MétéoMédia avertit que les conditions routières seront difficiles en fin d’après-midi et en soirée, alors que le froid viendra transformer la pluie tombée sur le sud du Québec en glace. «On perdra environ 20 degrés en seulement 24 heures dans l’ensemble des régions du Québec. Certaines routes seront transformées en patinoires», explique Olivier Pirnay, météorologue à MétéoMédia.