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Un autre regard sur la corvée du Mont-Royal

Beau temps mauvais temps, plusieurs centaines de bénévoles sont attendus dimanche matin pour la 23e corvée du Mont-Royal. Une activité qui permet de se rendre compte des différents enjeux qui concernent la montagne.

L’année dernière les 800 bénévoles ont ramassé assez de déchets pour remplir près de 150 gros sacs poubelles, principalement des canettes, des bouteilles ou des papiers qui s’envolent de poubelles trop pleines où qui ont été vidées par des ratons laveurs grassouillets, habitués à se faire nourrir par les touristes, même si c’est interdit.

«Avec les années, on note une amélioration de la propreté des visiteurs. Il a plusieurs années, aux débuts de la corvée, il n’était pas rare de trouver de vieux pneus ou des frigos», raconte Gabrielle Korn, porte-parole des Amis de la Montagne, un organisme qui a pour mission de protéger et mettre en valeur le mont Royal.

Ailleurs, ce sont des zones de feux de camps qu’il faudra démanteler. En 2013, les bénévoles avaient défait 59 zones de feux de camps (155 de mai à octobre). «Ce peut être des gens venus fêter, des sans-abris qui campent ou des gens qui passent un bout de l’été sur place», indique Mme Korn en précisant que l’organisme n’intervient qu’en cas d’absence des occupants, le reste étant le travail de la police.

Les zones du Piedmont et de la fougeraie sont particulièrement concernées. Cette dernière cause le plus d’inquiétude chez les Amis de la Montagne à cause de la valeur exceptionnelle des plantes qu’on y retrouve comme le Podophylle pelté.

Autre secteur, autre problématique: les adeptes du vélo de montagne hors sentier, qui profitent (illégalement) des dénivelés pour s’adonner à leur passion. Ce sont «des usagers considérés comme difficiles d’approche», indique-t-on dans le rapport annuel rédigé par la patrouille de conservation de la montagne.

La cohabitation entre cyclistes et certains marcheurs est tendue et certains ont tendance à mettre des branches sur les parcours, ce qui crée des tensions avec les cyclistes qui, en changeant de trajectoires, ont alors tendance à élargir les sentiers et à abimer la végétation. Une partie du travail des bénévoles de la corvée consistera d’ailleurs à faire un suivi de l’état des plantations.

Dernier défi et non des moindres, l’agrile du frêne. L’insecte ravageur exotique capable de tuer un arbre en moins de 5 ans a déjà commencé ses ravages à Montréal. «Au Mont-Royal, il n’a pas encore été détecté, mais c’est une question de temps», lance Gabrielle Korn. Le forum du 7 mai abordera notamment cette question et le temps presse.

Le parc compterait 26 000 frênes. Deux frênaies sont directement situées en contrebas des deux observatoires et pourraient paraître très clairsemées après l’apparition de l’agrile, note Sylvain Ouellet, élu de Projet Montréal, qui appelle la Ville à protéger ses grands parcs.

Des chiffres sur la corvée

  • Le territoire couvert par la corvée mesure 250 hectares
  • Il faut s’inscrire entre 8h45 et 9h30 au Chalet du Mont-Royal
  • Pas moins de 93 corvées sont enregistrées ce week-end à Montréal

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