Une entreprise en litige avec la Ville passe près de remporter un contrat municipal
La Ville poursuit un entrepreneur qui a par ailleurs failli remporter le contrat de réparation des dégâts dont il pourrait être tenu responsable.
La voûte du mont Royal, qui abrite notamment les systèmes de radiocommunication du Service de police de la Ville de Montréal et des pompiers, fuit. Enfouie sous un remblai, elle est associée à une antenne de communication située près de la croix du mont Royal.
Les travaux d’agrandissement et de climatisation de ce bâtiment stratégique de 230m2 avaient coûté 1,8M$ en 2005. Des fuites au niveau du toit ont été signalées dès 2008, mais le fournisseur, Norgéreq, refuse d’en assumer la responsabilité et de corriger le problème, si on se fie aux documents déposés mercredi dernier lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif.
Même si elle a entamé des poursuites depuis janvier 2011, l’administration municipale a décidé de prendre des mesures pour limiter l’impact des les infiltrations. «La Ville ne peut cependant pas attendre l’issue du dossier devant la cour pour faire les travaux de correction. Pour l’instant, des gouttières en acier galvanisé ont été installées au plafond de la voûte pour canaliser l’eau d’infiltration loin des équipements électroniques. Cette solution n’est que temporaire et imparfaite», indique un document interne.
Un appel d’offres a donc été lancé en février. Norgéreq, qui est poursuivie par la Ville, était le deuxième plus bas soumissionnaire. Est-ce normal que la compagnie ait pu déposer une offre? «C’est un contrat public ouvert à tous», indique Louis-Pascal Cyr, porte-parole du maire, après vérification auprès du contentieux. En outre, Norgéreq n’a pas été reconnue coupable.
M. Cyr n’a pas souvenance d’un cas similaire, mais précise qu’une recherche approfondie aurait été complexe à réaliser. Contactée par Métro, l’entreprise n’a pas voulu commenter l’affaire, en l’absence du responsable du dossier.