Laval annonce plusieurs poursuites en lien avec la collusion
Sans nommer directement l’ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt, arrêté en mai 2013 et accusé notamment de fraude et gangstérisme, le maire Marc Demers a annoncé mercredi que la Ville de Laval irait de l’avant avec une litanie de poursuites en lien avec la collusion qui aurait eu lieu durant règne de M. Vaillancourt.
L’objectif de l’opération est de récupérer l’argent des contribuables qui a été gaspillé. «On parle en terme de millions de dollars plutôt que de milliers de dollars, estime M. Demers. L’opération sera rentable [pour les Lavallois].»
«Toute personne légale, toute firme, compagnie ou individu contre qui il y a suffisamment de preuves fera l’objet d’une poursuite», a-t-il dit.
Le procès de M. Vaillancourt n’a toujours pas débuté, mais le principal intéressé nie toutes les accusations portées contre lui.
Le maire de Laval n’attendra donc pas que le procès au criminel soit terminé avant d’entamer le processus au civil. M. Demers explique que les règles et le fardeau de la preuve sont différents au civil et au criminel. «Il est important de cheminer dans des voies différentes», juge-t-il.
Le chef de l’opposition, Jean-Claude Gobé, fulmine contre l’annonce des poursuites. «Je n’ai rien contre le fait qu’on cherche à récupérer de l’argent qui a été volé, dit-il. Mais cette poursuite, ça ne tient pas la route.»
M. Gobé déplore entre autres le «travail en double» de porter des accusations au civil alors que le procès criminel est toujours en cours. «Le procès n’a pas encore eu lieu. Comment peut-on savoir les faits? La meilleure façon de mener des accusations au civil, c’est d’avoir des verdicts au criminel.» Le chef d’Action Laval s’interroge de plus sur les coûts qu’engendreront ces poursuites.
Dossier du Commodore
M. Demers a aussi annoncé que le dossier du controversé projet de développement le Commodore, qui avait fait l’objet d’une enquête administrative de la Ville de Laval, sera finalement remis à l’Unité permanente anticorruption (UPAC).
Rappelons que l’administration de Gilles Vaillancourt est accusée de s’être immiscé dans le dossier en modifiant le Plan particulier d’urbanisme (PPU) pour permettre la construction de deux tours immobilières de 28 étages dans le quartier Pont-Viau.
Plus de détails à venir.