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L’entente entre la Caisse de dépôt et Québec sur les infrastructures vulgarisée

Photo: The Canadian Press

L’apport de la Caisse de dépôt et de placement dans les projets d’infrastructures du Québec soulève plusieurs interrogations. Pour y répondre, Métro a fait appel au chroniqueur économique du journal Les Affaires, René Vézina.

Comment expliquez-vous la décision de Québec de confier des projets d’infrastructures dans la Caisse de dépôt et de placement?
D’après ce que l’on comprend, c’est que le Québec est cassé comme un clou. La phrase clé de Philippe Couillard, c’est que par jour, le Québec paye 30M$ en frais d’intérêts sur dette publique. Il n’y a plus d’argent pour investir dans les grandes infrastructures (un port, un train, un pont). La Caisse de dépôt est déjà copropriétaire de l’aéroport Heathrow à Londres. La Caisse investit déjà dans des infrastructures. Depuis 2012, la Caisse dit qu’elle aimerait investir dans des infrastructures d’ici. Mais il faut que ce soit des projets qui assurent un certain revenu.

Concrètement, comment la Caisse prendra en charge des projets d’infrastructures?
Dans une forme de partenariat, Québec dirait quels sont les projets disponibles et il demanderait à la Caisse si elle embarque. La Caisse a 215G$ d’actifs, mais elle gère aussi des fonds de régime de retraite et des régimes d’assurance. C’est difficile d’aller chercher du rendement actuellement alors la Caisse investit dans les infrastructures dans le monde et dans l’immobilier. La Caisse évaluera par la suite les projets proposés par le gouvernement. Ceux qui ont été proposés par le gouvernement sont le système léger sur rail sur le pont Champlain et le Train de l’Ouest. Elle mettrait ensuite l’argent, seule ou avec d’autres.

Comment la Caisse obtiendrait un retour sur son investissement?
Il n’y a pas un système de transport en commun qui est rentable. Ça fonctionne avec des subventions. Est-ce que la Caisse ferait ces projets seule? Si oui, ça coûterait un bras et une jambe prendre ces trains. Michael Sabia, [NDRL: le président de la Caisse de dépôt] a insisté que les tarifs seraient les plus bas possible pour que les trains soient remplis. La Caisse est censée faire de l’argent pour aller chercher du rendement. Alors, il s’agirait de voir si elle a des terrains en bordure des lignes de transport [pour capter la plus-value foncière]. S’il y en a qui la voit venir, il y aura de la spéculation. Ça ne sera pas évident. Il va falloir qu’elle trouve un moyen de faire de l’argent.

Le gouvernement dit que ce ne sera plus son problème. Ce sera le problème de la Caisse si les coûts explosent.. Mais la Caisse, c’est aussi nous autres. C’est aussi la Régie des rentes. Si la Caisse manque son coup, la Régie des rentes devra se refaire en haussant les cotisations des salariés. Si la Caisse voit ses coûts exploser, ça veut dire que pour l’ensemble de ses déposants il y a un manque à gagner.

Selon vous, est-ce que c’est une bonne nouvelle?
C’est une nouvelle étonnante. Je trouve que c’est un pari assez audacieux de penser que la Caisse pourra faire de l’argent là-dedans. Et ce n’est pas fini. Ça ne fait que commencer. Une filiale infrastructure de la Caisse sera créée. Alors, il y aura d’autres projets.

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