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Le maire veut une politique de déneigement

Photo: Sylvain Ryan/TC Media

Après que le Contrôleur général de la Ville de Montréal, Alain Bond, eut soulevé plusieurs lacunes dans les dernières opérations de déneigement, mercredi, dans son rapport présenté au comité exécutif, le maire de Montréal, Denis Coderre, assure qu’il compte mettre sur pied une politique de déneigement pour y remédier.

«C’est une série de petits échecs», a conclu le maire à la suite du rapport pour expliquer les ratées dans la gestion du déneigement pendant la tempête de verglas survenue au début du mois de janvier.

Il déplore que, lors de cette tempête, il y ait eu «19 politiques de déneigement et d’épandage d’abrasifs», soit une dans chacun des arrondissements.

Ainsi, cette politique de déneigement qu’il mettra sur pied le plus rapidement possible dictera les «normes» que chaque arrondissement devra suivre, déterminant notamment le temps de déneigement et le moment consacré au déneigement et à l’épandage d’abrasifs. «Tout le monde [fera] les mêmes choses en même temps. [Il y aura] un seul mode d’emploi», a résumé le maire qui souhaite une amélioration «dès la prochaine tempête».

Denis Coderre étudie également la possibilité de créer une banque d’équipements et d’employés en cas d’urgence, sous la recommandation du Contrôleur général qui a observé des lacunes en la matière dans certains arrondissements. «Quand on voit que ça va bien dans un arrondissement, que ça va moins bien dans un autre, que vous avez une situation d’urgence, on a besoin de façon très ponctuelle d’aller dans la même direction. Actuellement, il n’y a rien de cela. C’est arrondissement par arrondissement», a déploré le maire.

«[Cette technique] existait avant, mais ça n’existe plus depuis la fusion municipale et c’est géré par 19 silos indépendants, fait remarquer Michel Parent, président des cols bleus de Montréal, qui croit que cette façon de faire serait bénéfique pour le service au citoyen. Il n’y a pas d’uniformité d’un arrondissent à l’autre, on ne se passe même pas d’équipement même s’il y a un bris. Ça doit changer. Quand les opérations de déneigement se déclenchent, ça devrait être déclenché partout en même temps», assure-t-il en appuis à la démarche du maire.

Du côté du chef de Coalition Montréal, et maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoît Dorais, cette prochaine façon de faire est également accueillie favorablement, bien qu’il croit que cela devra se faire dans le respect des spécificités des arrondissements et de leur budget. L’arrondissement du Sud-Ouest a d’ailleurs été cité par le rapport du Contrôleur général comme l’un des secteurs où les opérations ont été plus difficiles, notamment pour des raisons d’absentéisme des employés qui ont utilisé leur banque de congés personnels pendant le temps des fêtes. M. Dorais estime que la politique de déneigement et la banque d’employés «devraient être parmi les solutions» pour éviter que de telles situations se reproduisent.

Une opinion qui n’est pas partagée par Projet Montréal qui voit cette politique du déneigement comme une «grave erreur». «On ne traite pas des malades avec des normes. On les traite avec des ressources. C’est la même chose pour le déneigement, il ne faut pas des normes, mais plus de souffleuses, plus de chenillettes», a fait valoir le chef intérimaire, Luc Ferrandez. Il déplore que l’administration ait suggéré aux arrondissements de couper dans les budgets de déneigement pour répondre à la réforme du financement des arrondissements. Le maire Coderre soutient plutôt que tous les arrondissements avaient suffisamment de budget pour répondre à la tempête en ce début d’année financière.

Rapport du Contrôleur général
Dans son rapport, Alain Bond remarque notamment que le chargement de la neige aurait dû être repoussé, au cours de la dernière tempête, afin de prioriser l’épandage d’abrasif, alors que les trottoirs étaient couverts de glace.

Selon le maire, un avis aux arrondissements a d’ailleurs été transmis par la ville centre le 4 janvier pour les inciter à faire de l’épandage d’abrasifs plutôt que du déneigement. Seulement 8 arrondissements ont respecté cette commande, le reste ayant d’abord déneigé puis procédé à l’épandage d’abrasifs.

Certains arrondissements avaient également des appareils en réparation, comme dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et le Sud-Ouest, et d’autres n’étaient pas équipés pour effectuer le chargement de la neige et l’épandage d’abrasif en simultané, s’inquiète le Contrôleur.

Un manque d’effectif a également été observé en raison du congé des Fêtes et une absence de réponse à la liste de rappel dans certains arrondissements, dont les arrondissements d’Ahuntsic-Cartierville et du Sud-Ouest.

«J’ai fait un méa-culpa, a avoué le maire du Sud-Ouest, Benoît Dorais. On avait un excellent plan de match et malgré qu’on ait fait à peu près tout ce qu’on était capable de faire, on a eu un cocktail de facteurs qui ont fait en sorte que ça na pas fonctionné.»

Le Contrôleur général estime qu’il serait bénéfique pour la Ville de revoir les stratégies d’épandage d’abrasifs sur les trottoirs. «N’y aurait-il pas lieu de ralentir la vitesse des épandeuses, afin d’augmenter la quantité d’abrasifs à déposer au pied carré? (…) et d’étudier l’épandage manuel de l’abrasif », souligne-t-il dans son rapport. Le maire a confirmé que la Ville étudierait cette possibilité.

Alain Bond recommande également de mettre à jour plus fréquemment les bulletins météorologiques remis aux équipes responsables. Ces mises à jour ont été jugées «inadéquates» au cours de la dernière tempête dans le rapport du Contrôleur.

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